Zad. La guerre d’usure

Dernières news

par Nouvel Ordre Mondial 7 Vues comments

« Ils détruisent. On construit ». Le slogan des zadistes se heurte à une réalité : les gendarmes redétruisent les éléments reconstruits. Que les zadistes reconstruisent. Qui va gagner cette guerre d’usure ?

 

29 squats rasés par les gendarmes en une semaine. C’est sur l’un de ces sites, le Gourbi, l’un des lieux emblématiques et collectifs de la Zad, qu’a été posée en triomphe, et sous les vivats, une nouvelle charpente, dans la nuit de dimanche à lundi. La joie des zadistes n’aura duré que quelques heures. Lundi matin, le symbole était à nouveau à terre. « C’est la cinquième fois », enrage un zadiste qui découvre la scène. L’État tient ses « promesses » : il ne « laissera rien reconstruire ». Chaque nouvelle édification déclenche une incursion des gendarmes mobiles, qui détruisent à nouveau ce qui a été érigé.

 

« Le danger, c’est la fatigue »

À quelques centaines de mètres du Gourbi, à l’est de la Zad, les deux mondes se toisent. Les gendarmes mobiles derrière un blindé. Et les zadistes derrière une barricade édifiée. Aux volées de pierres et de boulons, les militaires répondent par des tirs de grenades lacrymogènes assourdissantes. « Médics, médics ! », hurlent les zadistes après une dernière salve des gendarmes. Une jeune femme sonnée est mise à l’écart. « Je n’entends plus rien… » Un jeune homme, qui ne parvient pas à se relever, est évacué. « Cela fait une semaine que ça dure et la fatigue commence à se faire sentir. Le risque, c’est qu’un drame se produise, d’un côté comme de l’autre », redoute un militant venu soutenir les zadistes, toujours plus nombreux.

Sur le site du Gourbi, moins de deux heures après l’intervention des gendarmes, l’équipe des constructeurs de la Zad est déjà à pied d’œuvre. Chaque morceau de bois est numéroté et mis de côté. Les clous et les vis sont retirés, redressés et récupérés. De cet amas de bois émergera dans quelques heures, dans quelques jours, une nouvelle charpente. Que les gendarmes tenteront, à coup sûr, de détruire. « Nous, on a l’énergie et tout notre temps, grince un zadiste. Pas eux. Combien de temps l’opinion publique va-t-elle supporter ce gâchis d’argent public ? »

 


Commentaires