Washington aurait eu connaissance de projets d’arrestation de Khashoggi

Actualité Internationale

par Nouvel Ordre Mondial 15 Vues comments

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, alors nouvellement nommé, est accueilli par le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, à Riyad, en Arabie Saoudite, le 28 avril 2018. (Département d’État)

Les services de renseignement américains avaient connaissance d’un projet saoudien, impliquant le prince héritier Mohammed Ben Salmane, consistant à attirer le journaliste Jamal Khashoggi dans un piège pour l’arrêter, affirme mercredi le Washington Post.
——
Mise à jour 11/10/2018, 10h05

Alors que Donald Trump a indiqué jeudi que des enquêteurs américains travaillaient avec la Turquie et l’Arabie saoudite afin de faire la lumière sur la disparition du journaliste Jamal Khashoggi au consulat saoudien à Istanbul, des sources diplomatiques turques ont démenti auprès de l’agence étatique Anadolu que des enquêteurs américains soient impliqués dans l’enquête sur la disparition du journaliste.

8h57

Le ministre des Affaires étrangères britannique Jeremy Hunt a pour sa part prévenu jeudi les autorités saoudiennes qu’elles s’exposeraient à de « graves conséquences » en cas de responsabilité dans la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

« Si les Saoudiens veulent parvenir à une conclusion satisfaisante (dans cette affaire), nous devons trouver M. Khashoggi. Ils disent que ces accusations ne sont pas vraies, alors où est M. Khashoggi? », a poursuivi le ministre.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a quant à lui averti jeudi que son pays ne resterait pas silencieux au sujet de cette disparition.

——

Jamal Khashoggi, un journaliste critique du pouvoir saoudien qui collabore au Washington Post, a disparu depuis plus d’une semaine après s’être rendu au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul.

Des sources gouvernementales turques ont indiqué avoir des éléments accréditant la thèse d’une capture ou même d’un meurtre.

Selon le Washington Post, le journaliste de 59 ans, qui avait choisi de vivre aux États-Unis, avait fait part à plusieurs de ses amis de sa méfiance à l’égard de propositions qui lui auraient été faites par des responsables saoudiens. Il se serait vu offrir une protection ou même un emploi de haut niveau.

Le journal souligne qu’une implication personnelle de Mohammed Ben Salmane, homme fort du régime saoudien, pourrait se révéler embarrassante pour l’administration Trump si elle était confirmée.

Le prince héritier entretient des liens étroits avec de hauts responsables américains, au premier rang desquels Jared Kushner, gendre et conseiller du président américain Donald Trump.

Interrogé par les journalistes, le porte-parole adjoint du département d’État Robert Palladino a affirmé mercredi que les États-Unis n’étaient pas informés de menaces pesant sur Jamal Khashoggi.

«Bien que je ne puisse pas m’exprimer sur les questions de renseignement, je peux catégoriquement dire que nous n’étions pas informés à l’avance de la possible disparition de M. Khashoggi», a-t-il dit.

Donald Trump a réclamé mercredi des explications à l’Arabie saoudite sur le sort du journaliste.

Le président des États-Unis a déclaré s’être entretenu «au plus haut niveau» avec les Saoudiens, et ce «plus d’une fois», au sujet de Jamal Khashoggi, qui n’a plus donné signe de vie depuis son entrée au consulat saoudien en Turquie le 2 octobre.

«Nous sommes très déçus de voir ce qui se passe. Nous n’aimons pas ça» et «nous voulons savoir ce qu’il se passe là-bas», a-t-il assuré.

Des responsables de son administration ont eu des entretiens téléphoniques avec Mohammed Ben Salmane lui-même à au moins trois reprises ces derniers jours, a précisé la Maison-Blanche.


Commentaires