Vilnius, ville de la Miséricorde divine

Religions

par Nouvel Ordre Mondial 6 Vues comments

En plein centre de la capitale lituanienne, où le pape arrive samedi 22 septembre, le sanctuaire de la Miséricorde divine est un centre d’attraction pour les chrétiens du monde entier. C’est là qu’est exposé le premier tableau du Christ Miséricordieux, peint en 1934 selon les visions de sainte Faustine.

« Nous accueillons chaque jour près de 600 personnes, dont beaucoup de touristes coréens et américains et un grand nombre de fidèles qui viennent pour l’adoration perpétuelle du Saint-Sacrement, jour et nuit », constate le père Vaidas Vaisuilas, 41 ans, curé du sanctuaire de la Miséricorde divine, appelée aussi église de la Trinité.

Si ce sanctuaire de taille modeste, rue des Dominicains, au cœur de la vieille ville de Vilnius, attire autant, c’est parce qu’il abrite, depuis 2005, le premier tableau de la Miséricorde divine peint dès 1934 selon les visions de sainte Faustine. « Par cette image, j’accorderai beaucoup de grâces aux âmes, que chaque âme ait donc accès à elle », aurait alors dit Jésus à la sainte.

Deux fils dix mois plus tard

Autour du tableau, bien mis en valeur derrière l’autel, une centaine de petits ex-voto laissent penser qu’en effet de nombreuses grâces ont été reçues ici. Ce que confirme le père Vaisuilas en évoquant deux guérisons, parmi d’autres : celle d’« une Polonaise, universitaire à Lublin, totalement guérie en 2013 d’un cancer déjà bien avancé », et celle d’« un couple polonais stérile qui, après avoir tout essayé, sont venus ici en pèlerinage en 2016 et ont eu deux fils jumeaux dix mois plus tard ».

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Canonisée en 2000, la religieuse polonaise Faustine a vécu, en effet, à Vilnius entre 1933 et 1936, au couvent de Notre-Dame de la Miséricorde. C’est dans cette ville qu’elle a connu les apparitions de Jésus les plus significatives. Et c’est à Vilnius qu’elle a rencontré le père Michel Sopoćko, devenu son confesseur, qui l’a encouragée à tenir son journal et à faire peindre une icône de Jésus Miséricordieux.

Le prêtre pose en « Christ » devant l’artiste

Cette première peinture a été réalisée par Eugeniusz Kazimirowski, peintre de Vilnius trouvé par le père Sopoćko, qui a lui-même pris la pose du Christ devant l’artiste. Vêtu d’une tunique blanche, Jésus se détache sur un fond sombre, indiquant de sa main gauche son cœur d’où jaillissent deux rayons, rouge et blanc, indiquant le sang « qui est la vie des âmes » et l’eau « qui justifie les âmes », selon les indications de sainte Faustine. Les Évangiles rapportent en effet que de l’eau et du sang coulèrent du cœur transpercé de Jésus, agonisant sur la croix.

D’autres tableaux du Christ miséricordieux ont été peints par la suite mais, selon les experts, celui peint par l’artiste lituanien, serait le plus fidèle aux visions de la religieuse polonaise. « Ce tableau est un message pour les Lituaniens et pour le monde entier », affirme sœur Agnieszka Rutkowska, religieuse polonaise de 40 ans, supérieure de la petite communauté du couvent de Jésus miséricordieux à Vilnius.

Exposé pour la première fois en 1935 à Vilnius dans la chapelle Notre-Dame de la Miséricorde, au-dessus de la Porte de l’Aurore (Ausros Vartai), le tableau fut ensuite installé en 1937 dans l’église Saint-Michel. Il y est resté jusqu’en 1945, tandis que le culte de la Miséricorde Divine commençait à se répandre à travers le monde.

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La toile fut cachée, enroulée dans un grenier

Après avoir été caché, enroulé dans un grenier de Biélorussie, pendant les cinq décennies de l’annexion soviétique, il est retrouvé après la chute de l’URSS, et exposé dans l’église polonaise du Saint-Esprit, à quelques dizaines de mètres du sanctuaire de la Miséricorde divine.

C’est le cardinal Backis qui, non sans difficulté, a fait installer ce tableau dans l’église de la Trinité car, explique-t-il, les Lituaniens n’allaient pas dans l’église polonaise. « J’avais travaillé avec Jean-Paul II sur l’encyclique de la Miséricorde divine (Dives in Misericordia, 1980) et pour l’organisation du premier congrès à Rome sur la Miséricorde divine, raconte l’archevêque émérite de Vilnius. Je me suis senti une obligation de faire connaître le fait que sœur Faustine a vécu trois ans à Vilnius et qu’elle a eu ici ses révélations. »

Au-dessus de la porte de l’Aurore

Mais déjà, avant que sœur Faustine ait ses visions du Christ miséricordieux, Vilnius était connue pour son icône de la Vierge de la Miséricorde, au-dessus de la porte de l’Aurore (dernière porte qui subsiste parmi celles qui existaient à l’époque où des murailles entouraient la capitale lituanienne). Voilà pourquoi les habitants de la ville aiment à dire que « Vilnius est la ville de la Miséricorde divine ».

Le 5 septembre 1993, lors de sa visite en Lituanie, Jean-Paul II a prié devant le tableau de Jésus Miséricordieux et y a fait allusion dans ses discours. Dans le programme officiel du pape François, il n’est pas prévu qu’il s’y rende.

Claire Lesegretain (à Vilnius)

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