Trump partage une lettre «très gentille» de Kim Jong-un

Asie

par Nouvel Ordre Mondial 16 Vues comments

Processus «important» ou «fructueux», «confiance inébranlable», «progrès historiques». Les mots employés par le dirigeant nord-coréen dans ce texte daté du 6 juillet sont empreints de chaleur et de confiance et tranchent avec le revers enregistré par le secrétaire d'État Mike Pompeo lors de sa visite récente à Pyongyang.

«On enregistre de grands progrès», a commenté de son côté Donald Trump sur Twitter, plateforme qu'il a choisie pour diffuser cette lettre, qu'il qualifie de «très gentille».

Dans sa missive, le leader nord-coréen demande cependant à Donald Trump «des actions concrètes» pour renforcer leur confiance mutuelle. Cela devrait permettre, dit-il, une nouvelle rencontre après le sommet historique du 12 juin à Singapour.

«Je suis fermement convaincu qu'une volonté forte, des efforts sincères et l'approche unique que nous avons eue, moi-même et vous Excellence, afin d'ouvrir de nouvelles perspectives entre la RPDC (République populaire démocratique de Corée) et les États-Unis seront fructueux», écrit Kim Jong-un.

Le leader nord-coréen y évoque «une mise en oeuvre fidèle» de la déclaration commune adoptée le 12 juin à Singapour mais n'aborde pas directement la question centrale du processus, la dénucléarisation de la péninsule coréenne et donc du régime de Pyongyang.

«Méthodes de gangsters» 

Ce communiqué conjoint de Singapour se prononçait pour une «dénucléarisation complète» mais ne disait rien des moyens qui seraient mis en oeuvre pour la vérifier.

En quête de garanties sur ce point, Mike Pompeo a dit avoir eu des entretiens «productifs», lors de sa visite à Pyongyang les 6 et 7 juillet, avec Kim Yong Chol, le bras droit de Kim Jong-un. Mais les Nord-Coréens ont répliqué de façon virulente à ces propos diplomatiques, dénonçant «demandes unilatérales et avides» des États-Unis et leurs «méthodes de gangsters».

La lettre de Kim Jong-un est datée du jour précédant la diffusion par les Nord-Coréens de ces commentaires particulièrement violents. Mais le président américain a tout de même choisi de la publier.

Dans les jours qui avaient précédé la visite de Mike Pompeo, sa troisième dans la capitale nord-coréenne, plusieurs médias avaient révélé que, selon le renseignement américain, les Nord-Coréens cherchaient toujours à dissimuler une partie de leur arsenal nucléaire.

Les Américains se défendent de toute naïveté dans ce dossier et Mike Pompeo a réaffirmé dimanche dernier à Tokyo que les sanctions très sévères qui frappent la Corée du Nord resteraient en place jusqu'à «une dénucléarisation complète et totalement vérifiable».

Les États-Unis ont de fait demandé jeudi à l'ONU l'arrêt de toute nouvelle exportation de pétrole vers la Corée du Nord, se basant sur un rapport américain affirmant que ce pays a dépassé pour 2018 ses quotas d'importations fixés fin 2017 par des sanctions.

La nouvelle demande américaine liée au pétrole destiné à Pyongyang est formulée dans une lettre au président du Comité de sanctions des Nations unies chargé de la Corée du Nord, accompagnée d'un résumé d'un rapport des services de renseignement américains.

«Nous demandons au Comité 1718 de publier une note verbale urgente à tous les États membres et un communiqué de presse pour les informer, ainsi que le grand public, que la Corée du Nord a violé les quotas d'importation de pétrole raffiné pour 2018 fixés par la résolution 2397», souligne la lettre.

Ces signaux contradictoires montrent néanmoins la confiance personnelle que le président septuagénaire maintient dans ce processus et dans sa relation avec le jeune leader nord-coréen.

Il insiste régulièrement sur le fait que cette ouverture diplomatique avait permis de faire cesser les essais nucléaires et balistiques nord-coréens, menace directe pour les États-Unis et leurs alliés asiatiques.

Ils soulignent aussi à quel point le président américain semble rebattre les cartes de la diplomatie mondiale. Il vient de boucler un sommet de l'OTAN au cours duquel il a sévèrement tancé ses alliés occidentaux, accusés de ne pas dépenser assez pour leur défense. Il enchaînera avec un premier sommet bilatéral avec le président russe Vladimir Poutine, qu'il décrit comme un «concurrent», pas comme un «ennemi».


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