Thaïlande: procès d'une escorte assurant avoir des révélations à faire sur Trump

Asie

par Nouvel Ordre Mondial 56 Vues comments

«Nous avions tort, ce n'est pas l'État russe qui essaie de nous faire emprisonner, ce sont les Américains», a accusé devant la presse, en russe, Anastasia Vachoukevitch à la fin de l'audience, avant de monter dans une fourgonnette de police la ramenant en détention préventive.

«Pourquoi essaient-ils de nous empêcher de révéler les informations que nous détenons ?», a-t-elle ajouté.

Les ambassades de Russie et des États-Unis en Thaïlande n'étaient pas joignables pour commentaire dans l'immédiat.

Ces déclarations tranchent avec les déclarations des accusés à leur arrivée au tribunal mardi matin, Alexandre Kirillov, meneur du groupe avec Anastasia Vachoukevitch, allant jusqu'à appeler Washington «à l'aide».

Anastasia Vachoukevitch, mannequin plus connue sous le pseudonyme de Nastia Rybka, a été arrêtée fin février avec un groupe de neuf autres étrangers qui organisaient des cours de «formation sexuelle» dans la station balnéaire de Pattaya.

Les accusations de la jeune femme ont attiré l'attention, car c'est une escorte de haut vol, ayant fréquenté l'élite politique russe, poursuivie en Russie pour avoir filmé Sergueï Prikhodko, vice-premier ministre russe, sur un yacht du milliardaire Oleg Deripaska.

Cette vidéo était devenue virale après sa publication par l'opposant russe Alexeï Navalny.

Oleg Deripaska, qui a eu des liens avec l'ancien directeur de campagne de Donald Trump Paul Manafort, a nié toute relation avec Anastasia Vachoukevitch et Alexandre Kirillov, «gourou du sexe» à la tête du groupe arrêté en Thaïlande.

«Bonjour à Oleg Deripaska»

«Je veux dire bonjour à Oleg Deripaska», a lancé la jeune Bélarusse à sa sortie d'audience, «s'excusant» auprès de lui avant de diriger ses accusations contre les États-Unis devant les caméras de télévision ayant pu l'approcher brièvement.

«Pourquoi veulent-ils cacher ces informations du reste du monde et des journalistes», a ajouté la jeune femme, assurant que son téléphone et son ordinateur ont été saisis à cette fin.

Au départ, il était reproché en Thaïlande à Anastasia Vachoukevitch et ses six collègues «instructeurs sexuels» de travailler sans permis, mais ils doivent désormais aussi répondre des accusations de «prostitution» et «organisation criminelle».

Mardi, selon la défense, la première affaire, de travail illégal, a été rejetée, lors de cette audience à huis clos. Une nouvelle audience est attendue dans les prochains jours concernant la deuxième affaire.

La jeune femme a fait récemment les titres de la presse internationale après sa publication d'une vidéo sur Instagram offrant aux journalistes américains de leur livrer des révélations. «Ils essaient de nous mettre derrière les barreaux... C'est pourquoi je suis prête à vous révéler les pièces manquantes du puzzle (...) concernant les élections américaines», dit-elle dans cette vidéo.

Pattaya, à deux heures de route au sud de Bangkok, fréquentée par de nombreux touristes russes, est connue pour être un haut lieu de la prostitution et du crime en Thaïlande.

Un rapport de l'Onusida évaluait en 2014 à 140 000 le nombre des prostituées dans le pays. La seule ville de Pattaya en compterait plusieurs dizaines de milliers, même si l'activité est illégale. Pourtant la Thaïlande continue à s'offusquer d'être vue comme un lieu de tourisme sexuel.

La ville de Pattaya s'est développée comme lieu de la prostitution il y a un demi-siècle, quand les militaires américains ont commencé à y affluer pour tenter d'oublier les horreurs de la Guerre du Vietnam.


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