Sur l’Europe, ce qu’a (déjà) dit Emmanuel Macron dans ses discours

Europe

par Nouvel Ordre Mondial 12 Vues comments

La prise de parole du chef de l’État, ce mardi 17 février à Strasbourg devant le Parlement européen, est le quatrième acte de son engagement européen, après le triptyque de l’automne 2017 : à Athènes, la Sorbonne et Francfort.

Acte I – 7 septembre 2017 devant l’Acropole

L’Acropole sert de décor au premier discours important d’Emmanuel Macron sur l’Europe, le 7 septembre 2017. Ce soir-là, le président de la République lance son projet de « refondation démocratique » de l’Europe. « Je n’ai pas choisi la Grèce par hasard pour une première visite d’État », explique-t-il. Et d’interroger, solennel depuis la colline de la Pnyx : « Qu’avons-nous fait de notre démocratie, qu’avons-nous fait de notre souveraineté ? Aujourd’hui la souveraineté, la démocratie, la confiance sont en danger ».

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Lors de ce discours à la forte dimension symbolique, le président de la République a défendu la mise en place d’un budget de la zone euro avec un ministre des Finances et un parlement pour en contrôler le processus de décision. Il a aussi prôné, en vue des élections européennes de 2019 qui renouvelleront le parlement européen, la mise en place de « listes transnationales », où des députés français, allemands ou grecs pourraient se présenter ensemble. Et demandé à ce que soit engagée une grande consultation des Européens en forme de « débat délibératif » au premier semestre 2018.

Acte II – 26 septembre 2017 à La Sorbonne

Emmanuel Macron choisit le 26 septembre 2017 de s’exprimer dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, devant des étudiants, pour livrer sa vision de l’Union européenne dans les dix ans à venir. En l’occurrence, une Europe « souveraine », « unie » et « démocratique ».

Le président de la République défend à cette occasion la doctrine d’une Europe qui avance à plusieurs vitesses, notamment autour de la sécurité, la gestion migratoire, l’aide au développement, l’innovation et la transition écologique. « Aucun État ne doit être exclu de cette dynamique, mais aucun pays ne doit empêcher d’avancer ceux qui veulent aller plus loin et plus vite », plaide-t-il.

Dans la seconde partie de son discours, le chef de l’État aborde la question de l’avenir de l’euro. « Seule la zone euro peut offrir à l’Europe le cadre d’une puissance économique mondiale », martèle-t-il. Cette zone euro, il la veut dotée d’un budget commun à tous ses membres, sous le contrôle d’un ministre des finances européen autant que de parlementaires. Et pour approvisionner ce budget, il n’écarte pas la piste d’un impôt européen sur les sociétés.

En matière sociale, enfin, il rappelle l’importance de la révision de la directive sur le travail détaché, et plaide en faveur d’un salaire minimum européen – une idée chère à Jean-Claude Juncker, le président de la Commission.

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Autres propositions clés du discours, la création d’une Agence européenne de l’innovation pour que l’Europe crée ses propres géants du numérique ; l’élargissement du programme Erasmus à tous les étudiants pour des séjours d’au moins six mois, y compris aux apprentis ; l’élargissement du parquet européen à la criminalité organisée, pour lutter contre le terrorisme ; la création d’une taxe carbone aux frontières de l’Europe, ou celle d’une taxe sur les transactions financières qui serait « affectée intégralement à l’aide » au développement.

Acte III – 10 octobre 2017 à Francfort

La France est le pays invité à la Foire du livre de Francfort, la plus importante au monde. À l’ouverture de ce grand rassemblement, économique et professionnel, Emmanuel Macron prononce un discours inspiré en présence de son « amie » Angela Merkel, troisième acte de son engagement réaffirmé en faveur d’une Europe qui ne sera forte que si elle s’appuie sur son héritage culturel et en développe les richesses.

La prise de parole d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel, dans l’enceinte de cette Foire du Livre, résonne comme un acte diplomatique pour réaffirmer l’importance capitale de la culture. Et montrer la solidité du couple franco-allemand dans une Europe en recomposition, menacée par le retour des extrêmes.

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Emmanuel Macron insiste sur les liens très anciens, indéfectibles, entre la France et l’Allemagne. « Jamais la haine, ni la violence n’ont pu briser ce dialogue fondamental » qui remonte à l’Europe médiévale et à l’humanisme de la Renaissance, plaide-t-il.

Jean-Yves Dana

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