Selon Chelsea Manning, les codeurs doivent se doter d’un « code éthique »

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Selon Chelsea Manning, les codeurs doivent se doter d’un « code éthique » Nouvel Ordre Mondial, Nouvel Ordre Mondial Actualit, Nouvel Ordre Mondial illuminati

La lanceuse d’alerte est intervenue sur la scène du festival SXSW, relatant notamment les difficultés rencontrées depuis sa libération, il y a moins d’un an. SUZANNE CORDEIRO / REUTERS

« Nous autres développeurs, surtout ceux qui travaillent sur des systèmes qui affectent un grand nombre de gens, devons être conscients des conséquences de ce que l’on construit. » Sur la scène du South by Southwest (SXSW) à Austin, au Texas, festival des nouvelles technologies, de la musique et du cinéma, la lanceuse d’alerte Chelsea Manning a appelé mardi 13 mars à plus de responsabilité dans le milieu high-tech.

A 30 ans, elle est pratiquement devenue une icône en transmettant au site WikiLeaks des milliers de documents secrets de l’armée et de la diplomatie américaine. Arrêtée, elle avait été condamnée à trente-cinq ans de prison avant que Barack Obama la gracie en mars 2017, écourtant sa peine.

Lire aussi : Notre portrait de Chelsea Manning, la lanceuse d’alerte de WikiLeaks

L’ancienne analyste trouve cependant du réconfort dans la technologie. L’achat de son premier ordinateur après sa libération — en liquide, à cause de sa « paranoïa » — a été un moment « crucial ». « J’ai pu me reconnecter avec les gens, me reconnecter à un univers que je connais mieux et dans lequel je suis plus à l’aise » :

« Je trouve du réconfort et de la stabilité dans les maths. Quand je me sens déprimée, je vais coder. Déboguer du code, c’est frustrant à première vue, mais au fond, ça me fait du bien. »

Un procès très dur, des années de prison dont une période à l’isolement, une tentative de suicide… pourtant, Chelsea Manning n’est pas du genre à avoir des regrets. « Je me demande parfois ce qui serait arrivé, à moi, au monde, si j’étais restée au Starbucks et que je ne m’étais pas engagée dans l’armée » :

« Mais j’ai décidé de faire quelque chose. Et il n’y a aucun moyen de revenir dans le temps et de changer les choses. Je n’aurais pas pu agir autrement, j’étais au cœur de la situation, je devais prendre une décision. »

Et si elle avait décidé de ne pas transmettre les documents internes de l’armée américaine ? « J’aurais passé ma vie à me dire que j’aurais pu faire quelque chose, et ça m’aurait affectée bien plus », conclut la lanceuse d’alerte, les larmes aux yeux.

Martin Untersinger (Austin (Etats-Unis), envoyé spécial)

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