Routiers. CGT et FO pourraient annuler leur grève redoutée

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Jean-Marc Lambert, de la CGT Transports, au sortir de son entrevue au ministère, a annoncé que la décision de maintenir, ou non, la grève sera prise ce vendredi.
Jean-Marc Lambert, de la CGT Transports, au sortir de son entrevue au ministère, a annoncé que la décision de maintenir, ou non, la grève sera prise ce vendredi. (Photo AFP)

À l’issue d’une réunion, jeudi matin, au ministère des Transports, CGT et FO du transport routier avaient posé une condition pour annuler la grève : recevoir un « engagement écrit » du patronat sur le maintien des taux de majoration de 25 % et 50 % appliqués aux heures supplémentaires des chauffeurs routiers.

Dans la foulée, les quatre organisations d’employeurs représentatives du secteur, la FNTR, TLF, OTRE et la CNM, ont adressé des courriers aux deux syndicats, ont indiqué ces derniers. Ils devaient étudier ces documents et consulter leur base avant de décider une éventuelle levée de leur appel à faire grève à partir de 22 h, dimanche, synonyme de blocages.


Dans une lettre commune, transmise à la presse par la CGT, la FNTR et TLF « réaffirment » les taux actuels qui « ont vocation à être pérennisés par la loi » d’orientation des mobilités en préparation. « Tout accord d’entreprise qui dérogerait à ces taux serait illégal », soulignent les deux organisations patronales, en écho aux propos tenus, dans la matinée, devant des journalistes par la ministre des Transports, Élisabeth Borne. Et les mêmes termes apparaissent dans les courriers envoyés par l’OTRE et la CNM aux syndicats.

« Nous avons eu des demandes très précises. Les organisations patronales et le ministère répondent à ce que nous demandons », s’est félicité Jean-Marc Lambert, de la CGT-Transports, deuxième syndicat du transport routier. « Au niveau fédéral, on envoie un message à toutes nos équipes et toutes nos bases » pour les consulter et les réponses devront être transmises « avant 9 h vendredi matin », a-t-il ajouté.

« On est en train de regarder » le contenu des courriers pour déterminer « si ça engage juridiquement » ces organisations, a expliqué, de son côté, Patrice Clos, secrétaire général de FO-Transports, troisième syndicat du secteur. « On va faire le tour de nos équipes » et une décision sera prise « au plus tôt vendredi matin », a-t-il indiqué.


La CGT et FO dénoncent, depuis lundi, une décision du Conseil d’État qui avait annulé, en novembre, les dispositions d’un décret de 2016 fixant des majorations dérogatoires de 25 % et 50 % aux heures supplémentaires des routiers. Le Conseil d’État avait été saisi par la FNTR et TLF.

La ministre avait reçu en urgence, jeudi matin, l’ensemble des syndicats représentatifs du secteur. « Les organisations syndicales attendent un message. Je n’ai pas de doute que les organisations patronales vont donner ce message », avait-elle déclaré à l’issue de cette réunion. Attaquer ce décret, « ce n’était peut-être pas la meilleure des choses à faire », avait-elle critiqué. Dans un communiqué, elle avait ensuite appelé « chacun à la responsabilité, dans un esprit d’apaisement dont le pays a besoin », alors que la crise des gilets jaunes agite la France depuis près de trois semaines.

« On ne demande rien de plus que le maintien de nos acquis », avait souligné Jean-Marc Lambert.


CGT et FO avaient lancé, mardi soir, leur appel commun à la grève, estimant que la décision du Conseil d’État remettait en cause les majorations, malgré des déclarations du ministère et du patronat assurant que l’annulation de ce décret était sans conséquences et que l’accord de branche continuait de s’appliquer.

Cette décision du Conseil d’État « était attendue pour des raisons juridiques et avait été parfaitement anticipée par le gouvernement », selon le ministère. L’article 42 du projet de loi d’orientation des mobilités (LOM), « qui vient d’être présenté en Conseil des ministres, prévoit de sécuriser le fait que l’accord de branche continuera de prévaloir (…). L’annulation de ce décret prenant effet dans neuf mois, cela laisse pleinement le temps au projet de loi d’être adopté », a souligné le ministère.

Ce décret annulé avait été obtenu, en 2016, après une mobilisation des routiers, avec blocages de routes ou de ponts, pour s’opposer à la loi El Khomri permettant une majoration de seulement 10 % des heures supplémentaires par accord d’entreprise.


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