Rougeole. Un décès dans la Vienne

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par Nouvel Ordre Mondial 62 Vues comments

Il y a, parmi la génération des 20-40 ans, un réservoir de sujets qui n'ont pas été vaccinés et qui, non-immunisés, peuvent déboucher, demain, sur d'autres cas graves de rougeole.
Il y a, parmi la génération des 20-40 ans, un réservoir de sujets qui n'ont pas été vaccinés et qui, non-immunisés, peuvent déboucher, demain, sur d'autres cas graves de rougeole.
La rougeole, qui fait partie des onze vaccins désormais obligatoires pour les enfants nés à partir du 1 e r janvier, se répand très rapidement en Nouvelle-Aquitaine depuis début novembre, surtout dans la Vienne et la Gironde, avec les grosses villes de Poitiers et Bordeaux, notamment son campus universitaire. L'Agence régionale de santé (ARS) recense, à ce jour, 269 cas confirmés, dont un quart (66) a nécessité une hospitalisation, et, pour quatre des patients, une admission en réanimation. C'est plus du double des chiffres annoncés le 24 janvier, quand l'ARS comptait 115 cas ayant entraîné 32 hospitalisations. D'autres petits foyers existent en France où la Direction générale de la Santé recensait, mardi, un total de 387 cas et 83 hospitalisations. Cette épidémie a fait samedi dernier sa première victime, une Poitevine de 32 ans qui n'était pas vaccinée et avait été hospitalisée dix jours plus tôt, ont annoncé, mardi, l'ARS et le CHU de Poitiers. L'établissement a accueilli, depuis le 19 janvier, 22 personnes contaminées par la rougeole, un nombre qui inclut quatre membres du personnel. Le CHU de Poitiers a vérifié le statut vaccinal de tous ses employés et « 54 agents ont dû être vaccinés ». La Direction générale de la Santé a appelé tous les professionnels médicaux aux antécédents incertains « à mettre à jour leur vaccination pour éviter la propagation de cette maladie ».

Le CHU estime que la victime fait partie des cinq personnes qui « ont pu contracter la maladie au contact d'un autre patient au CHU de Poitiers lors de l'apparition des premiers cas ». L'hôpital annonce avoir pris des mesures, comme le port du masque dans les zones à risque. Dans un entretien accordé au quotidien Centre Presse, Yolande Riquelmé affirme que sa fille Jessica, jeune mère de famille, a bien contracté la maladie aux services des urgences, où elle faisait hospitaliser son père fin janvier. « C'était au moment de l'épidémie de rougeole, il y avait des gens partout qui attendaient pour ça. Ils n'avaient pas encore mis les masques de protection, il n'y avait pas les messages de prévention, ils l'ont fait après », explique la mère de la victime sur le site internet du journal. « Je l'ai emmenée aux urgences le 1 e r février, elle était bleue, elle avait 41 °C de fièvre ! Ma fille faisait partie de ces enfants qui étaient passés à côté de la vaccination. À cette époque-là, on nous disait que ça n'était pas nécessaire », ajoute-t-elle. « Grâce à la vaccination, le virus de la rougeole a circulé à très bas bruit pendant des années. Aujourd'hui, à l'heure de cette recrudescence, on se retrouve avec des jeunes adultes dont le système immunitaire n'a jamais été confronté au virus », explique Daniel Lévy-Brühl, responsable de l'unité chargée des infections respiratoires et de la vaccination au sein de l'agence sanitaire Santé publique France.

« C'est le reflet de l'histoire de la vaccination en France : il y a des gens de 20 à 40 ans qui ont grandi sans être vaccinés et se retrouvent aujourd'hui non-immunisés. Il reste un énorme réservoir de sujets non-immunisés, qui peuvent être, demain, les prochains cas de rougeole, voire de décès », poursuit-il. Car cette pathologie est loin d'être bénigne et « peut entraîner des complications respiratoires (pneumopathies) et neurologiques (méningo-encéphalite) pouvant avoir des conséquences très graves », insiste l'ARS. Avec ce décès, selon Daniel Lévy-Brühl, 21 personnes sont mortes de la rougeole depuis 2008, essentiellement de jeunes adultes. Le dernier décès en date dû à la rougeole, celui d'une adolescente de 16 ans, remontait à fin juin à Marseille.

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