Procès Méric. 11 ans, 7 ans et un acquittement

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« Ce qui importe aujourd’hui, c’est de continuer à lutter contre tout ce qui fait le terreau de l’extrême-droite, c’est-à-dire les inégalités, le déficit d’éducation et le manque de solidarité », a déclaré Agnès Méric (accompagné de son mari Paul-Henri), à sa sortie du tribunal.
« Ce qui importe aujourd’hui, c’est de continuer à lutter contre tout ce qui fait le terreau de l’extrême-droite, c’est-à-dire les inégalités, le déficit d’éducation et le manque de solidarité », a déclaré Agnès Méric (accompagné de son mari Paul-Henri), à sa sortie du tribunal. (Photo AFP)
Clément Méric a bien été tué par deux skinheads, le 5 juin 2013, rue Caumartin, à Paris. C’est ce qu’a décidé vendredi, à l’issue de près de neuf heures de délibérations et au bout de dix jours de procès, la cour d’assises de Paris. Esteban Morillo et Samuel Dufour, renvoyés devant la justice pour « coups mortels aggravés », ont respectivement été condamnés à des peines de prison de 11 et 7 ans. Le troisième accusé, Alexandre Eyraud, a, pour sa part, été acquitté. Un verdict qui a satisfait Paul-Henri Méric, le père de Clément : « La décision de la cour d’assises établit des responsabilités, a-t-il commenté en quittant la salle d’audience, et fait un sort aux mensonges concernant le comportement de Clément et de ses amis dans cette affaire. Il y a eu des agresseurs et des agressés, et ils ne sont pas renvoyés dos à dos, contrairement à ce qui a été trop souvent fait pendant ces cinq dernières années ».

En considérant que les deux hommes avaient été porteurs d’une arme et qu’ils avaient agi en réunion, la cour a validé la thèse défendue par l’accusation et les parties civiles tout au long du procès. Un verdict « qui intervient après un débat contradictoire, au cours duquel la vérité judiciaire qui a été dite correspond à ce qui s’est passé, à savoir que deux hommes armés de poings américains ont causé la mort de Clément Méric », a salué Me Christian Saint-Palais, avocat des parents du jeune Brestois. Agnès Méric, qui a affronté, au côté de son mari, dix journées d’audience souvent éprouvantes, s’est félicité que la justice reconnaisse « la responsabilité morale collective » des agresseurs de son enfant. Elle a toutefois refusé de se réjouir de la condamnation infligée aux deux ex-skinheads : « L’incarcération, ce n’est jamais une victoire. Ce qui importe aujourd’hui, c’est de continuer à lutter contre tout ce qui fait le terreau de l’extrême-droite, c’est-à-dire les inégalités, le déficit d’éducation et le manque de solidarité », a-t-elle estimé.

Ces lourdes condamnations, à peine inférieures aux réquisitions de l’avocat général, ont percuté les accusés de plein fouet. Samuel Dufour, qui a toujours nié avoir frappé Clément Méric, s’est effondré en larmes à l’annonce du verdict. Esteban Morillo, qui serrait encore sa compagne dans ses bras dans les minutes précédant l’annonce, paraissait groggy.

Lui aussi sonné par la peine prononcée à l’encontre de son client, Me Patrick Maisonneuve, avocat de Morillo, a immédiatement annoncé son intention de faire appel « pour deux raisons : d’abord pour la lourdeur de la peine, ensuite parce que l’utilisation d’un poing américain a été retenue alors que rien, dans ce dossier comme dans les débats que nous avons eus, ne permet de confirmer qu’il y avait bien une telle arme ». L’affaire Méric n’est donc pas terminée. « C’était la première partie, a prévenu Me Maisonneuve. Il y aura une deuxième partie, devant une autre cour d’assises ». Un nouveau procès auquel participera également Samuel Dufour, dont l’avocat a annoncé son intention de faire appel.

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