Pragmatique, ambitieux, "vieille France"... Qui est Jean-Michel Blanquer, le ministre qui veut révolutionner le bac ?

Pragmatique, ambitieux, "vieille France"... Qui est Jean-Michel Blanquer, le ministre qui veut révolutionner le bac ?

Politique

par Nouvel Ordre Mondial 53 Vues comments

Pragmatique, ambitieux, "vieille France"... Qui est Jean-Michel Blanquer, le ministre qui veut révolutionner le bac ? Nouvel Ordre Mondial, Nouvel Ordre Mondial Actualit, Nouvel Ordre Mondial illuminati

Du 8e arrondissement parisien, où il est né, au ministère de l'Education nationale, où il travaille désormais, il n'y a que quelques encablures. Et une carrière de trente ans à l'Education nationale.

Silhouette rigide dans un costume sombre, fines lunettes et porte-documents en cuir marron : le nouveau ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a tout de l'instituteur de la IIIe République. Ce fils d'une professeure d'anglais et d'un avocat parisien, qui dirigeait l'école de management Essec depuis 2013, est au centre des attentions avec Jean-Michel Blanquer en Guyane, où il occupe le poste& de recteur, accompagné du ministre de l\'Outre-mer François Baroin, le 18 juin 2005.

Jean-Michel Blanquer en Guyane, où il occupe le poste de recteur, accompagné du ministre de l'Outre-mer François Baroin, le 18 juin 2005. (WITT/SIPA)

Pourtant, la comparaison avec le défunt directeur de l'institution parisienne, auquel Jean-Michel Blanquer a tenté de succéder en 2013, fait aussi grincer des dents. Jean-François Teissier, ancien dirigeant du SE-Unsa Créteil, n'oublie pas que les internats d'excellence, autre expérimentation de l'ancien recteur, ont "mangé beaucoup de moyens financiers".

"Au lieu de prendre une poignée de gamins pour les sortir de leurs quartiers défavorisés, il vaut mieux essayer d'aider les établissements pour faire grandir tous les élèves", estime auprès de franceinfo l'un des anciens collègues du ministre. Mais Jean-Michel Blanquer, promoteur de l'excellence scolaire, tient en horreur "l'égalitarisme", comme il le confiait au Figaro, le 26 mai. Rien d'étonnant pour ce libéral, proche de l'institut Montaigne, think tank situé à droite, dont le rôle dans la victoire d'Emmanuel Macron Jean-Michel Blanquer avec Nicolas Sarkozy et Luc Chatel, le 13 octobre 2009.

Jean-Michel Blanquer avec Nicolas Sarkozy et Luc Chatel, le 13 octobre 2009. (JACQUES WITT / POOL)

Car Jean-Michel Blanquer ne veut plus rester dans l'ombre. A l'heure où les ministres trentenaires se comptent presque par poignées, cet intellectuel féru d'Amérique latine, qui a fréquenté les meilleurs établissements, a attendu son 52e anniversaire pour décrocher le sésame d'une institution qu'il connaît si bien. "Il se voit rester ministre pendant cinq ans", confie un membre de son entourage à franceinfo. "Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, François Fillon, Emmanuel Macron et même Bruno Le Maire... Il les a tous rencontrés" durant la campagne, croit aussi savoir Le Parisien, qui affirme que le directeur de l'Essec leur avait proposé "ses services". 

Pressenti pour devenir le ministre de l'Education du candidat de la droite, c'est finalement Emmanuel Macron qui lui a offert le poste. Jean-Michel Blanquer lui avait fait parvenir son dernier livre, L'Ecole de demain, véritable programme ministériel, puis avait rencontré le candidat fin 2016, raconte Le Parisien. Dans le programme du candidat d'En marche ! figuraient d'ailleurs de nombreuses mesures évoquées dans L'Ecole de demain : la priorité donnée au primaire et à l'autonomie des établissements, la diminution des effectifs des classes de zones prioritaires, les stages de remise à niveau pour les élèves en difficulté, le principe du dispositif "devoirs faits", la réforme du baccalauréat... Jean-Michel Blanquer, inspirateur du programme ? Pas de doute, à en croire plusieurs interlocuteurs contactés par franceinfo. Reste à savoir si son sort sera lié à celui du président qui, depuis le début d'année, dégringole encore dans les sondages.


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