Pourquoi quand on est content, on a envie de danser ?

Religions

par Nouvel Ordre Mondial 6 Vues comments

LA QUESTION D’AMANDINE, 5 ANS. Que l’on soit grand ou petit, la joie ne saurait se replier sur elle-même, elle a besoin de se dire, d’être partagée.

La petite sœur d’Amandine vient d’avoir en cadeau la poupée dont elle rêvait ! Rayonnante de joie, elle se met à danser avec sa poupée dans les bras ! Plus tard, Amandine qui aime bien comprendre « le pourquoi du comment » ne manque pas d’interroger sa mère…

Même s’ils ne sont pas épargnés par la souffrance, les enfants savent la plupart du temps se réjouir de l’instant… si l’instant est réjouissant ! Ils savent se laisser surprendre par la joie, sans craindre sa fugacité. Et, en cela, nous avons tout à apprendre d’eux.

TEXTE : Les enfants sont la joie de la famille et de la société

La joie nous transforme physiquement

La joie survient sans que l’on puisse la prévoir. Une bonne nouvelle, une promesse de plaisirs, une bouffée de bonheur, et soudain l’euphorie monte, monte. Cela nous transforme physiquement, nous donnant une sensation de légèreté comme des petites bulles de champagne qui pétillent dans tout le corps. On est trop heureux, les muscles s’emballent, on danse de joie ! On a besoin d’espace pour l’exprimer !

Si la tristesse laisse un enfant sans force, sans tonus, le bonheur lui donne envie de manifester sa joie au monde extérieur. C’est un peu comme la rougeur qui monte aux joues, ce que l’on ressent est tellement fort qu’on ne peut le taire ! N’est-ce pas la vocation du « ravi » de la crèche ? « La joie naît du sentiment d’être relié. On se sent alors profondément exister et en communion », écrit la psychothérapeute Isabelle Filliozat.

DOSSIER : Qu’est-ce qui rend un enfant heureux ?

Partager sa joie est vital pour un enfant

Pourtant, il arrive que les enfants manifestent leur joie de façon bruyante alors que l’adulte est occupé à faire quelque chose d’important, ou qui ne peut attendre. « Si c’est le cas, différez, mais ne le rembarrez pas », conseille Isabelle Filliozat. L’enfant comprendra si on le lui explique gentiment mais il est sûr que cela aura quelque peu « refroidi » sa joie.

En réalité, partager sa joie est quasi vital pour un enfant ! Il a besoin pour faire grandir cette joie de savoir que nous la goûtons, nous, adultes, et la désirons. Il a besoin aussi de mieux la reconnaître pour mieux la percevoir ou la susciter.

Joie et recueillement ne sont pas antinomiques

Cette question d’enfant est sans aucun doute la meilleure occasion de lui faire toucher du doigt sa dimension intérieure, d’expliquer que corps, âme et esprit forment un tout indissociable. Le meilleur vecteur pour exprimer ce qui déborde, au-delà des mots, reste le corps. Laissons-le s’exprimer, il est le reflet de l’âme !

Cela peut être aussi l’occasion d’associer Dieu à cette joie qui déborde, de découvrir celui qui nous permet de ne pas douter que la joie est plus forte que tout, Jésus-Christ ! Joie profonde et recueillement font, contrairement aux idées reçues, bon ménage. Joie qui exulte et religions n’ont rien d’antinomique ! Nombreux sont les textes bibliques qui nous appellent à la joie. Le dire aux enfants, et surtout le vivre avec eux, ne peut que leur offrir de notre religion une vision plus accueillante.

TÉMOIGNAGE : « La joie du chrétien, la certitude d’être aimé et attendu »

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► DANS LA BIBLE : La joie partagée (d’après le livre de Néhémie, chapitre 8)

Néhémie vint pour reconstruire Jérusalem saccagée par l’ennemi. Une fois la muraille relevée, le prêtre Esdras lut la loi de Dieu aux habitants. Elle disait comment vivre en ami de Dieu, en aimant les autres. Alors ils se sentirent coupables de ne pas la vivre vraiment. Néhémie prit la parole : « Arrêtez de pleurer ! Mangez des bons plats, buvez de bons vins ; allez en porter à ceux qui n’ont rien préparé, car aujourd’hui est un jour pour notre Dieu. La joie de Dieu, c’est notre forteresse, notre force ! »

Le lendemain, la loi rappelait le temps où leurs ancêtres traversaient le désert pour aller vers la terre où ils seraient libres : « Comme en ce temps-là, construisez-vous des cabanes de branches ! » Les habitants firent donc des cabanes pour célébrer dans la joie, durant sept jours, l’assistance divine reçue lors de l’Exode.

Lorsque Néhémie engage le peuple à se tourner vers la vie, les pleurs des familles se transforment en joie contagieuse, et elles décident de bâtir avec Dieu un monde où la loi n’est pas celle du plus fort. La parole de Dieu, non seulement leur donne de l’espoir, mais elle les réconcilie dans la joie. Aujourd’hui encore les Juifs fêtent, chaque année, la « semaine des cabanes » ou Souccot. C’est l’une des fêtes les plus joyeuses de la tradition juive ; elle est d’ailleurs appelée « époque du réjouissement dans la prière ».

► Pour aller plus loin

À partir de 3 ans. Au fil des émotions : dis ce que tu ressens. Texte de Cristina Nunez Pereira et Rafael R. Valcarcel, préface d’Alexandre Jollien. Éd. Gautier-Languereau, 96 p., 15 €.

Dès 5 ans. Mes émotions, texte d’Isabelle Filliozat et Virginie Limousin illustré par Éric Veillé. Coll. « Les cahiers Filliozat », Éd. Nathan, 90 p., 12,90 €.

Pour les adultes. Renouer avec la joie de l’enfance, Antonella Verdiani. Éd. Eyrolles, 13,90 €.

La rédaction de Pomme d’Api Soleil et Évelyne Montigny

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