Paris. Le bouquet qui fait des étincelles

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par Nouvel Ordre Mondial 7 Vues comments

(Jeff Koons posant devant l’une de ses œuvres à New York. Le bouquet de tulipes offert à la ville de Paris sera bien plus grand et porté par une main géante. Photo archives AFP)
C’est finalement près du musée du Petit Palais (VIIIe arrondissement) que sera installée la sculpture baptisée « Bouquet of tulips », a annoncé, vendredi, Christophe Girard, nouvel adjoint à la Ville de Paris chargé de la culture.La sculpture avait été offerte à Paris en novembre 2016, par l’intermédiaire de l’ancienne ambassadrice américaine Jane Hartley, en hommage aux victimes des attentats qui avaient endeuillé le pays et sa capitale depuis 2015.Initialement, la sculpture devait être installée sur l’esplanade du Palais de Tokyo, face à la Tour Eiffel. L’idée avait suscité une levée de boucliers. Des voix s’étaient élevées pour contester l’emplacement, le coût de l’œuvre - 3,5 millions d’euros payés par un bouquet de mécènes -, son intérêt artistique ou encore la personnalité de l’artiste, un des plus cotés au monde, mais également controversé.

Artistes, écrivains, philosophes et deux anciens ministres de la Culture, Frédéric Mitterrand et Jean-Jacques Aillagon, pourtant organisateur d’une exposition Koons au château de Versailles, avaient fait part de leurs réticences.« L’œuvre est pensée pour l’amitié franco-américaine », a rappelé Christophe Girard. « Vous imaginez la polémique internationale qu’aurait pu générer une position de la ville consistant à dire aux Américains « nous ne voulons pas de votre cadeau » ? », avait déclaré la maire de Paris, Anne Hidalgo, qui avait à cœur de voir le projet aboutir. La sculpture de 10 mètres de haut, pesant 33 tonnes, représentant une main tenant des tulipes multicolores, devrait atterrir, à une date non déterminée, dans les jardins municipaux autour du Petit Palais. Elle sera financée par des fonds privés. « L’argent public, ça sera l’entretien », a souligné Christophe Girard.

Jugeant les mois de polémique « vexatoire » pour Jeff Koons, Stéphane Corréard, signataire d’une tribune contre le projet devant le palais de Tokyo, s’est dit satisfait qu’on ait trouvé une solution. Mais « 80 % des problèmes demeurent », souligne le fondateur du salon Galeristes, citant la pertinence du projet dans le contexte post-attentats, la privatisation de l’espace public, le manque de consultation… et l’emplacement. Se retrouver près du Petit palais est « très légitimant » pour Jeff Koons. « Ça montre bien que, derrière son discours, il est très soucieux de son autopromotion », en s’installant dans un quartier historique et très touristique de la capitale, non loin de la Seine et des Champs-Élysées. D’autant plus que Françoise Nyssen s’était dite favorable à l’installation des Tulipes dans un lieu « populaire, visible et partagé par tout le monde ».« On va mettre (cette sculpture) dans un endroit saturé d’œuvres d’art, de fondations », renchérit Alexandre Gady, président de l’association Sites et monuments. S’il ne prévoit pas de recours sur ce dossier, un débat serait souhaitable à la commission des sites, pointe-t-il, en dénonçant un processus « non démocratique ».

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