Parcoursup. Nos conseils pour y voir clair

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par Nouvel Ordre Mondial 7 Vues comments

1. Avant tout, pas de panique ! Certes, la médiatisation de l'échec - partiel - d'APB (l'ancienne plateforme d'admission post-bac mise en place en 2009 pour que cesse le principe de premier arrivé-premier servi), son « mode de fonctionnement opaque », selon un rapport de la Cour des comptes, et son système de tirage au sort n'étaient pas pour rassurer les futurs étudiants, leurs profs et leurs proches. Reste que la Bretagne n'a quasiment pas été concernée par les failles de ce système. Néanmoins, Parcoursup est la partie émergée d'un iceberg qui est la réforme de l'université et, en cela, tous les étudiants, bretons compris, sont concernés (lire par ailleurs). 

2. Profitez à fond de cette semaine pour vous familiariser avec l'outil. Le ministère a volontairement choisi de laisser une semaine de battement entre l'ouverture de Parcoursup et la date d'ouverture des inscriptions et de l'émission des voeux pour permettre aux futurs étudiants (et à leurs parents) de surfer sur la plateforme et se familiariser avec. Pour s'y sentir à l'aise, une foire aux questions, des tutoriels vidéo (« Parcoursup, c'est quoi ? », « Calendrier, les étapes de la procédure », « Comment fonctionnent les voeux multiples ? »...) seront mis en ligne. Par ailleurs le site www.terminales2017-2018.fr est toujours actif. 

3. Optimisez votre organisation. Pour tirer le meilleur profit de Parcoursup, une fois que les voeux seront enregistrés, puis étudiés, et que les réponses commenceront à arriver dans les familles, il s'agira de ne pas les rater, et d'y répondre. Pour cela, le ministère a mis en place une application à télécharger sur le téléphone portable et a créé un compte Twitter et Facebook. Il faudra bien renseigner Parcoursup de votre adresse courriel (celle que vous utilisez le plus fréquemment), pour ne rater aucune alerte. Et comme deux précautions valent mieux qu'une, il est aussi possible de renseigner, en plus, l'adresse courriel de vos parents. 

4. Ne ratez pas les portes ouvertes des établissements d'enseignement supérieur. C'est Xavier Tripoteau, le vice-président de l'Université Bretagne Sud (UBS) lui-même, qui fait passer ce message : « J'invite vraiment tous les lycéens à aller se rendre compte par eux-mêmes, sur place, de ce qui les attend. D'une part, en termes de contenu des enseignements, mais aussi concernant la vie étudiante ». En général, la présence d'étudiants pour témoigner de leur quotidien, de leur cursus, peut être édifiante. L'Université de Bretagne-Occidentale (UBO) ouvre les portes de ses sites de Quimper et Morlaix, le 10 février, celui de Brest, le 17 février. Côté UBS, ce sera le samedi 3 février, sur ses trois campus, à Vannes, Lorient et Pontivy. 

5. Soignez particulièrement votre lettre de motivation. C'est une nouveauté : avec Parcoursup, la motivation du futur étudiant est étudiée, notamment s'il faut départager plusieurs candidats dans une filière « sous tension ». « Ce "projet de formation motivé" est fondamental, poursuit Xavier Tripoteau. Il faut en prendre soin sur le fond mais aussi sur la forme. » Expliquer d'où on vient, en quoi cette formation nous convient et vers quel projet professionnel on s'oriente. Sans faute d'orthographe, c'est mieux. 

6. Pas de précipitation : ce ne sont pas les premiers arrivés qui seront les premiers servis. Les futurs étudiants ont jusqu'au 13 mars, 18 h, pour exprimer leurs voeux, puis jusqu'au 31 mars pour les valider définitivement. Pas de précipitation, donc, mais encore deux bons mois pour se faire conseiller par un CIO (Centre d'information et d'orientation), se rendre aux salons de l'étudiant (à Vannes, Infosup aura lieu les 25, 26 et 27 janvier, Azimut à Brest les 1e r, 2 et 3 février), et peaufiner son projet, notamment avec son professeur principal, puisque la réforme renforce son rôle dans ce sens. 

Le président de l'UBO, Matthieu Gallou, estime que la réforme "fait consensus" mais qu'elle va demander des moyens importants"

L'arrivée de Parcoursup ne consiste pas en un simple changement de site internet. C'est la première étape d'une vraie réforme, qui commence par celle de l'accès à l'enseignement supérieur. L'idée, c'est de donner une vraie place, dès le début du lycée, à l'orientation de l'élève, de l'accompagner dans un « projet personnel cohérent et motivé ». D'une part, pour éviter les écueils des filières surchargées, mais aussi pour permettre à l'enseignement supérieur, à la fac notamment, d'être réellement une formation professionnalisante. Voilà pour l'esprit. « Cette logique d'accompagnement, nous la prenons à bras-le-corps depuis plusieurs années », relève Isabelle Legrand, proviseure du lycée Lesage à Vannes, qui se félicite du très bon taux d'intégration dans l'enseignement supérieur de ses anciens lycéens. Ici, Parcoursup est accueilli « sans aucun problème » puisque la démarche était déjà entamée. Avec les autres lycées publics du bassin vannetais, ils ont même mutualisé les moyens : des sessions de visioconférence sont prévues pour que les élèves comprennent mieux les attendus des filières dans l'enseignement supérieur, la différence entre un DUT et un BTS, les débouchés professionnels... 

« Ce que j'apprécie, c'est que cette réforme va, d'une certaine façon, revaloriser l'université », poursuit la proviseure. Elle a, du reste, bien volontiers mis en place un deuxième professeur principal, dont la mission plus spécifique est d'accompagner la réflexion des élèves en termes d'orientation. Du côté de l'UBS, à Vannes, où sont inscrits environ 10.000 étudiants, l'arrivée de Parcoursup est attendue avec « bienveillance ».

« C'est une réforme qui va dans le bon sens puisqu'elle permet de resserrer les liens entre le secondaire et le supérieur, comme cela n'a jamais été fait auparavant, et parce qu'il prend en compte le projet personnel de l'étudiant », analyse Xavier Tripoteau, vice-président de l'UBS chargé de la formation. Autre nouveauté appréciée ici : la possibilité laissée aux universités d'admettre des candidats, à condition qu'ils acceptent de se remettre à niveau, de compléter quelques points de la formation, ou de pratiquer un semestre supplémentaire. 

À Brest, le président de l'UBO, Matthieu Gallou, estime que la réforme « fait consensus » mais qu'elle va demander des moyens importants qui, pour l'heure, n'ont pas encore été alloués. « Le baby-boom des années 2000 n'a pas été anticipé et c'est à nous qu'on demande de l'absorber sans moyens significatifs », déplore-t-il à ce jour, alors que les effectifs des étudiants de l'UBO ont bondi de 35 % en quatre ans.

« Nos équipes auront quelques semaines pour étudier des centaines de dossiers, c'est un travail humain important, et ça risque d'être compliqué à moyens constants. » Pour lui, Parcoursup « n'est pas une microréforme, on ne doit pas la rater, alors il ne nous faut pas y mettre de micromoyens ! » La Conférence des présidents d'universités va se réunir dans les prochains jours, en vue d'une communication dans ce sens. 


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