Nouvelle-Calédonie. Macron entame sa visite à Ouvéa

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par Nouvel Ordre Mondial 167 Vues comments

Emmanuel Macron a commencé, ce samedi sa visite sur l’île d’Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie. Une visite très symbolique, six mois avant le référendum d’indépendance.

Emmanuel Macron a entamé ce samedi la journée la plus sensible de son séjour en Nouvelle-Calédonie, en se rendant sur l’île d’Ouvéa, 30 ans après l’assaut sanglant de la grotte, avant de prononcer un discours très attendu, six mois avant le référendum sur l’indépendance. Sa journée sera aussi marquée par un geste hautement symbolique, au Centre culturel Tjibaou à Nouméa, où il remettra au gouvernement collégial de ce territoire très autonome l’acte de prise de possession de la Nouvelle-Calédonie, le 24 septembre 1853 au nom de Napoléon III. Le document était jusqu’alors conservé aux archives de l’outre-mer d’Aix-en-Provence. « Nous sommes sortis du temps de la possession, nous sommes dans le temps de l’adhésion politique et citoyenne », a-t-il déclaré vendredi soir lors d’une interview aux télévisions Caledonia et NC 1ère.

Pas de gerbe au mémorial des 19


Etape emblématique de son séjour, Emmanuel Macron est arrivé ce samedi matin sur la petite île d’Ouvéa, théâtre en 1988 du paroxysme des violences entre indépendantistes kanaks et loyalistes caldoches. Il était prévu qu’il y effectue « trois gestes de mémoire et de recueillement », sans discours. Une cérémonie aura lieu devant la stèle commémorative de la gendarmerie de Fayaoué, théâtre le 22 avril 1988 de l’attaque d’un commando indépendantiste, qui avait tué quatre gendarmes et pris 27 autres en otages.Deux moments de recueillement seront observés à Hwadrilla : l’un où ont été assassinés le 4 mai 1989 les deux leaders nationalistes, Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné par un indépendantiste radical, Djubelly Wéa, et l’autre devant le mémorial des 19 militants kanak tués lors de l’assaut de la grotte, certains sommairement exécutés. Deux parachutistes avaient également trouvé la mort lors de cette opération.Le chef de l’Etat a décidé de ne pas déposer de gerbe au mémorial des 19, se tenant en retrait derrière les familles. « J’accompagnerai les familles dans le recueillement mais je ne mettrai pas moi-même une couronne. C’est un geste qui peut paraître symbolique mais qui, me semble-t-il, (…) est de nature à montrer qu’on entend cette voix dissidente », a-t-il déclaré après s’être posé à l’aérodrome de cet atoll de 3 400 habitants. Un collectif d’habitants de Gossanah, où se situe la grotte, était fermement opposé à la venue du chef de l’Etat au monument des 19, et avait promis de « tout faire pour l’en empêcher ». Minoritaires, ces habitants ont multiplié les manifestations à Ouvéa ces derniers jours pour exprimer leur colère.

Inquiétude des élus locaux


« Il est important que je me rende à Ouvéa, que je puisse voir les familles qui souhaitent que je vienne et que j’aille à la gendarmerie. Je le ferai en respectant la part de dissensus », a déclaré le chef de l’Etat lors de son entretien télévisé. Cette étape suscite néanmoins des inquiétudes au sein des élus locaux. « Rien ne serait pire que (ce moment) se transforme en réquisitoire. J’espère qu’il n’y aura pas de manifestations, ni d’excitation », a déclaré à l’AFP Philippe Dunoyer, député UDI.Le président de la République doit également évoquer le référendum pour lequel « il n’entend donner ni conseil, ni injonction », mais en dessinant des perspectives quel que soit le choix « souverain » des Calédoniens. La place de la Nouvelle-Calédonie dans la grande région Indo-Pacifique devrait en outre constituer un angle important de son intervention alors qu’en début de semaine en Australie, il avait qualifié de « chance sur le plan géopolitique la présence de la France dans la zone ».Depuis 20 ans, un processus de décolonisation par étapes est en place en Nouvelle-Calédonie et doit déboucher le 4 novembre sur un référendum lors duquel les électeurs devront dire s’ils veulent « que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ». Au vu du rapport de forces actuel entre les deux camps, le « non » est attendu gagnant.

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