NDDL. Les autorités « prêtes à évacuer » la Zad

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par Nouvel Ordre Mondial 62 Vues comments

1. Un noyau dur au sein de la Zad. Un « non » au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes serait, pour les forces de l'ordre, beaucoup plus facile à gérer. Sur les quelque 150 zadistes sur zone (et jusqu'à 250 fréquentant régulièrement la Zad), même s'il ne faut pas négliger la solidarité affichée par cette « famille » pourtant très hétérogène (pour faire simple, de l'écolo baba-cool au black block), quelques dizaines d'éléments décrits comme « ultraradicaux » et rompus aux affrontements seraient à déloger. Dans les deux cas de figure (oui ou non), les forces de l'ordre s'attendent à des heurts violents avec cette minorité. « À moins qu'ils ne partent d'eux-mêmes, se mobilisant sur une autre Zad ou un autre combat », pronostiquait hier, dans nos colonnes, le maire de Notre-Dame-des-Landes. 

2. Partout en Bretagne, sauf dans le Morbihan. Au-delà de la Zad, les forces de l'ordre s'attendent à la mobilisation de la « mouvance contestataire radicale », chauffée à blanc par la très récente décision judiciaire de non-lieu dans le dossier de Sivens (le militant Rémi Fraisse tué par l'explosion d'une grenade de gendarmerie). En 2016, dans la région, les autorités estimaient un « noyau dur » de 50 à 70 irréductibles à Nantes, 50 à Rennes, « en lien avec l'ultragauche italienne », 20 à Brest et moins d'une dizaine à Saint-Brieuc. Depuis, le noyau dur rennais semble s'être étoffé. Les autorités évoquent une centaine de « militants aguerris », dont au moins une trentaine de fichés « S » (objet d'un suivi pour « prévenir des menaces potentielles pour la sécurité publique ou la sûreté de l'État »). Dans les Côtes-d'Armor, une centaine de personnes rôdées aux actions plus ou moins violentes (Guingamp, Lannion) sont susceptibles d'affluer en quelques heures à Notre-Dame-des-Landes. Le département pourrait également servir de zone de repli pour les zadistes, qui pourraient investir des zones de lutte contre des projets locaux (extraction minière, etc.). Dans le Finistère, l'estimation est sensiblement la même, avec des « foyers » à Brest, Douarnenez... Les autorités redoutent des troubles violents à Nantes, Rennes et Brest. 

3. Des renforts « étagés ». Des « renforts » venus de l'étranger, adeptes des affrontements avec les forces de l'ordre, seraient déjà parvenus sur site. Notre reporter sur place (notre édition d'hier) n'a en tout cas rien constaté de tel. En cas de « oui » au projet, les forces de l'ordre estiment que 400 à 600 personnes afflueraient sur zone en quelques heures.  « Nous nous attendons à des renforts étagés, confie une source sécuritaire. À 24 heures, 48 heures et au premier week-end suivant notre intervention. Nous préparons les plans d'intervention depuis plusieurs mois. Mais rien n'est arrêté. On prévoit toutes les options et on attend la décision du Président. » L'opposition au projet de Notre-Dame-des-Landes a déjà rassemblé à plusieurs reprises plusieurs dizaines de milliers de manifestants. 

4. Le « oui » : le scénario du pire. Un « oui » au projet d'aéroport serait, pour les forces de l'ordre, le scénario du pire : déloger toute la Zad et tous les zadistes, faire face non pas à quelques centaines mais à des milliers de militants en colère et déterminés, à des réactions très violentes à Nantes et Rennes (Paris et d'autres villes aussi), à des actions de blocage de flux routiers et ferroviaires sur tout le territoire... Et à tenir la zone (un peu plus grande que l'île d'Ouessant, soit l'équivalent de 2.538 terrains de football) le temps des travaux ! Le tout, alors que les forces de l'ordre redoutent de nouveaux attentats terroristes... « Nous avons alerté le Président sur ces risques, rapporte une source sécuritaire. Ce sera très difficile, mais nous sommes organisés pour répondre à cette demande, si elle vient. Nous sommes prêts et nous pourrons tout faire. »

 


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