Montauban. Fausses pubs, mais vrai escroc: 80 commerces, artisans et associations victimes

Faits divers France

by Nouvel Ordre Mondial 9 Views comments


C’est une escroquerie de vente de fausses pubs bien rôdée qu’un Montalbanais de 67 ans avait mise en place depuis quatre ans. Ce sont plus de 80 victimes - commerces, artisans, associations et agriculteurs de quatre départements - qui se sont constituées parties civiles. Le total du préjudice a été estimé à 80 000 €.

Une nouvelle fois absent à l’audience, Michel B., un Montalbanais de 67 ans, poursuivi pour une vaste escroquerie, aura tout prétexté pour ne pas se présenter face à ses victimes. « Il a été opéré de la hanche en septembre, et d’une cataracte le mois dernier », explique son avocate commis d’office, Me Émilie Leibovitch qui, bien ennuyée par les explications livrées par son client, demande un nouveau renvoi de l’affaire. Le président Philippe Colson, ne voyant pas d’obstacle au jugement, le refuse. Dans la salle, la nouvelle est accueillie avec soulagement par les parties civiles déjà venues pour rien en juin dernier.

«Les faits sont simples, rappelle le juge. Entre 2013 et 2016, le prévenu qui avait une entreprise de fabrication et de distribution de prospectus publicitaires a trompé ses clients».

Après avoir écumé le Tarn-et-Garonne, Michel B. n’a pas hésité à prospecter les commerçants, artisans, associations et même des agriculteurs du Lot, du Lot-et-Garonne et de Haute-Garonne. Endossant les chèques des commandes, le sexagénaire use d’un mode opératoire chevronné. «Il effectuait partiellement la commande en diffusant quelques flyers dans la zone du client, le reste n’était pas imprimé, ou partait à la benne», atteste le président rappelant que sur les 182 clients répertoriés par les gendarmes, 88 ont déposé plainte.

«La société a perdu 30 000 € de chiffre d’affaires»

Dans le même temps, le prévenu, qui confond son compte personnel avec celui de son entreprise, encaisse des dizaines de milliers d’euros. « Mon client lui avait commandé 30 000 flyers pour une diffusion sur le Lot et le Lot-et-Garonne, ces derniers ont été retrouvés dans une benne », assure l’avocate cadurcienne d’une société de vente de cheminées et poêles qui plaide en plus de la perte matérielle, la perte de chance. «La société a connu un manque à gagner de 30 000 € de son chiffre d’affaires», assure-t-elle, comme sa consœur Me Élodie Monnet qui défend les intérêts d’une jeune société de massage également victime du même procédé.

Venus sans avocat, six autres gérants de sociétés ont fait le déplacement au tribunal correctionnel. Après cette mésaventure, certains confirment avoir déposé le bilan. Après des mois, voire des années d’attente, ils viennent réclamer le dédommagement de leur préjudice. « J’ai fermé mon atelier de couture que je tenais depuis treize ans », témoigne l’une d’elle. « Pendant un an et demi, on a attendu nos flyers et cartes de visite », déclare, dépité, la responsable d’une agence immobilière. « Il parlait bien et il nous a tous endormi », résume bien un artisan.

Six mois ferme requis pour 80 000 € de préjudice

Pour le ministère public, il n’y a pas de doute sur le but du prévenu. «Il s’est donné seulement l’apparence d’une entreprise pour tromper ses clients», requiert le magistrat évoquant un «système bien rôdé» pour un préjudice total de 80 000 €. Il réclame douze mois assortis de six mois de sursis avec mise à l’épreuve et l’interdiction de gérer une société. Le verdict a été mis en délibéré au 12 décembre.

Comments