Macron. Les fronts chauds se multiplient

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par Nouvel Ordre Mondial 54 Vues comments

Le chef de l’État bataillera, ce mardi, sur le front européen. 
Le chef de l’État bataillera, ce mardi, sur le front européen. 


Avec l’intervention en Syrie, Emmanuel Macron a endossé les habits de chef de guerre. Lorsque ses prédécesseurs l’ont fait, cela s’est souvent traduit par une hausse de popularité dans les enquêtes d’opinion. Le débat sans vote sur l’intervention en Syrie, organisé lundi à l’Assemblée, a cependant montré qu’il n’existait pas d’« union sacrée » sur le sujet.

Après une semaine d’opérations, la situation apparaît bloquée à Notre-Dame-des-Landes, les forces de l’ordre dégageant des barricades aussitôt reconstruites. L’opération pourrait rapidement être analysée comme un fiasco, s’il apparaît que l’Exécutif est incapable de faire rétablir l’« ordre républicain » sur la Zad, pour reprendre les termes utilisés dimanche soir par le chef de l’État.

Nouvelle semaine tendue sur le front social, avec deux journées de grève à Air France (ce mardi et mercredi), et surtout à la SNCF (mercredi et jeudi). Le point d’orgue de cette semaine sociale ? La journée du jeudi 19 avril, puisque la CGT appelle à une journée interprofessionnelle d’actions. Un test sur la capacité de la centrale syndicale à faire converger les luttes.

Autre point chaud, potentiellement explosif. La protestation contre la réforme de l’accès à la fac ne faiblit pas. Lundi, la quasi-totalité de l’université de Nanterre était bloquée, avec, pour conséquence, le report des partiels prévus dans la matinée. Le campus parisien de Tolbiac, bloqué depuis le 26 mars, apparaît comme le lieu emblématique de cette contestation, qui inquiète de plus en plus en cette période d’examens.

Les débats à l’Assemblée sur le projet de loi asile et immigration vont mettre la majorité à l’épreuve toute la semaine. Selon le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, l’objectif de ce texte est de permettre un traitement plus rapide des demandes d’asile. Le défenseur des droits, Jacques Toubon, et de nombreuses associations s’inquiètent, estimant que la réduction des délais va fragiliser les demandeurs d’asile. Plusieurs députés de la majorité menacent de voter contre le texte, s’il n’est pas suffisamment amendé. Sans compter les tirs croisés qui s’annoncent, avec des députés LR criant au laxisme, et des députés de gauche dénonçant un affaissement des droits fondamentaux.

Ce mardi matin, Emmanuel Macron est attendu sur le front de l’Europe. Dans l’hémicycle de Strasbourg, il doit présenter ses projets de réforme aux députés européens. Il a dit, à de nombreuses reprises, son ambition de faire bouger les lignes. Mais la partie s’annonce difficile. Il lui faudra imposer sa vision à ses homologues européens (dont une Angela Merkel fragilisée, qu’il rencontrera jeudi). Et ensuite être en mesure de peser au Parlement de l’UE, à l’issue des élections de 2019, en faisant élire suffisamment de députés européens. Le défi est de taille. C’est toutefois le seul dossier où le chef de l’État a du temps devant lui…

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