L’Otan redoute l’installation d’un califat par l’EI en Afghanistan

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par Nouvel Ordre Mondial 3 Vues comments

Le 22 avril 2018, un attentat suicide revendiqué par le groupe État islamique contre un centre d’enregistrement électoral à Kaboul avait fait une soixantaine de morts. (Archives/Sha Marai/AFP)

Le patron de l’OTAN, Jens Stoltenberg, s’est déclaré cette semaine préoccupé par le nombre élevé de victimes au sein des forces de sécurité afghanes et a dit redouter l’utilisation du pays comme une base pour les « groupes terroristes ».

« Il y a un risque important que les talibans reviennent (au pouvoir) et permettent aux groupes terroristes de s’installer », s’est-il inquiété au cours d’une réunion mercredi des ministres des Affaires étrangères des 29 pays de l’Otan au siège de l’Alliance à Bruxelles.

« Nous devons garantir la sécurité de nos citoyens en évitant que l’Afghanistan ne devienne une plateforme pour les terroristes défaits en Irak et en Syrie. Il n’est pas question que le califat perdu par Daech (le groupe Etat islamique) en Irak et en Syrie soit rétabli en Afghanistan », a-t-il insisté.

Jens Stoltenberg a plaidé pour le maintien d’une présence de l’Otan. « Rester a un coût financier et humain élevé », a-t-il reconnu en déplorant les pertes subies au cours des dernières semaines.

L’OTAN a maintenu 16.910 soldats en Afghanistan dans le cadre de la mission +Resolute Support+ chargée de former, conseiller et aider les forces locales.

Trois soldats américains ont été tués et trois autres blessés fin novembre par une bombe artisanale près de la ville de Ghazni dans le centre de l’Afghanistan.

Le nouveau patron du commandement central de l’armée américaine qui supervise la guerre en Afghanistan, le général Kenneth McKenzie, s’est inquiété de l’incapacité des forces afghanes à résister efficacement aux talibans, dont les forces sont estimées à quelque 60.000 combattants en Afghanistan.

Si le recrutement et la formation ne s’améliorent pas, les forces locales ne parviendront pas à surmonter le taux actuel de pertes, a-t-il averti mardi à Washington lors de son audition par le Sénat pour confirmer sa nomination.

Le président afghan Ashraf Ghani a annoncé le mois dernier que près de 30.000 membres des forces afghanes avaient été tués depuis qu’elles ont pris en charge en 2015 la sécurité dans ce pays déchiré par la guerre.

Les populations civiles paient également un lourd tribut. Un récent rapport de la Mission des Nations unies en Afghanistan (MANUA) fait état de 2.798 civils tués et 5.252 blessés entre janvier et septembre, un « niveau alarmant », selon l’ONU.

Soutien financier

« Je partage l’inquiétude suscitée par le nombre élevé de victimes, mais la conséquence n’est pas de réduire notre présence, mais de veiller à ce que nous leur apportions notre soutien pour leur permettre d’accroître encore davantage leurs capacités et leur résilience », a soutenu le secrétaire général de l’Otan.

Les ministres des Affaires étrangères ont « réaffirmé leur « engagement indéfectible à garantir la sécurité et la stabilité à long terme en Afghanistan », dans une déclaration en 11 points.

Il ont notamment promis « un soutien financier et logistique pour soutenir les forces afghanes et renforcer les moyens dont elles disposent pour éliminer la menace du terrorisme sous toutes ses formes afin d’assurer la sécurité des citoyens afghans et la stabilité dans la région ».

« Nous déplorons des victimes, mais soyez assurés que nos forces restent déterminées à assurer la défense du territoire et de notre peuple contre les attaques terroristes », a assuré le ministre afghan des Affaires étrangères, Salahuddin Rabbani, invité à la réunion de l’Otan.

Le conflit en Afghanistan est dans l’impasse 17 ans après l’opération menée par les Etats-Unis à la suite des attaques du 11 septembre 2001 pour chasser les talibans du pouvoir.


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