L’Ordre des médecins dénonce la « violence » des propos du pape sur l’avortement

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par Nouvel Ordre Mondial 22 Vues comments

Le pape a « fortement ému la communauté médicale » en comparant avec « violence » l’avortement au recours « à un tueur à gages », s’est indigné l’Ordre des médecins, dans un courrier daté du jeudi 11 octobre au représentant du souverain pontife en France, Mgr Luigi Ventura.

Le pape « a prononcé des mots très durs sur l’avortement, qui ont fortement ému la communauté médicale française que j’ai l’honneur et la responsabilité de représenter » écrit le président du conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom), le docteur Patrick Bouet, dans une lettre datée du 11 octobre, adressée à Mgr Luigi Ventura, représentant du souverain pontife en France.

Cette réaction fait suite à la comparaison du pape entre l’avortement et le recours « à un tueur à gages », mercredi 10 octobre lors de son audience générale, place Saint-Pierre. Le pape avait alors consacré sa catéchèse hebdomadaire au cinquième commandement, « Tu ne tueras pas ».

« Comment ne pas réagir à des termes d’une telle violence, alors que les professionnels de santé ont fait vocation d’écoute, d’aide et de soutien à leurs concitoyennes pour les accompagner dans des moments parfois difficiles de leur vie, et pour leur assurer un accès à l’interruption volontaire de grossesse dans les meilleures conditions possibles si elles en expriment le souhait », s’interroge le docteur Patrick Bouet.

Ce que le pape François a dit de l’avortement

« Je perçois (…) l’émotion et l’incompréhension ressenties par les médecins et les femmes »

« Si je comprends que sa Sainteté, au nom de sa foi, souhaite défendre des principes importants pour l’Église qu’il dirige », l’Ordre des médecins « ne peut accepter que l’anathème soit ainsi jeté sur l’ensemble du corps médical, qui s’en retrouve stigmatisé », écrit-il.

L’Ordre « ne peut non plus tolérer que la souffrance physique, psychique et morale vécue par des femmes en détresse, parfois en grande souffrance quand elles ont recours à l’interruption volontaire de grossesse, soit niée », poursuit le médecin.

« Je perçois aujourd’hui, Monseigneur, l’émotion et l’incompréhension ressenties par les médecins et les femmes ainsi désignées, et souhaite vous les faire connaître en leur nom », précise le docteur Patrick Bouet.

La Croix (avec AFP)

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