Les Français font plus confiance à Édouard Philippe qu'à Emmanuel Macron et ça ne "surprend pas" la sénatrice Fabienne Keller

Politique

par Nouvel Ordre Mondial 9 Vues comments

Selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro, Édouard Philippe attire davantage la confiance des Français que le président de la République. Pas étonnant, le Premier ministre "est un grand serviteur de la Nation" réagit la sénatrice du Bas-Rhin Fabienne Keller.

"Ça ne me surprend pas", a commenté la sénatrice du Bas-Rhin Fabienne Keller, jeudi 11 octobre sur franceinf. Un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro montre que le Premier ministre Édouard Philippe inspire davantage la confiance aux Français (55%) que le président de la République Emmanuel Macron (29 %). Fabienne Keller, qui a quitté Les Républicains pour Agir, la droite constructive, a travaillé avec Edouard Philippe dans l'équipe de la campagne pour les primaires d'Alain Juppé. Edouard Philippe "porte le gouvernement dans cette mer très agitée", estime-t-elle.

franceinfo : Êtes-vous surprise par le résultat de ce sondage ?

Fabienne Keller : Ça ne me surprend pas. Édouard Philippe est très serein, très calme, avec son humour anglais. Dans cette séquence délicate, il montre qu'il est robuste et je crois que cela est de nature à emporter l'adhésion des Français. Il a la stature et il porte le gouvernement dans cette mer très agitée. (…) Je pense aussi qu'Édouard Philippe, pour l'avoir côtoyé, est un homme de conviction et vraiment un grand serviteur de la Nation. Donc, plus les circonstances sont difficiles et plus il reste à la barre. [La loyauté] est une qualité forte chez Édouard Philippe, ça fait partie de sa personnalité et il est totalement engagé pour la France.

Incarne-t-il toujours votre vision pour la France ?

Il l'imprime très clairement puisque nous avons travaillé ensemble autour d'Alain Juppé pendant la campagne des primaires, donc nous partageons la même vision de la France, très largement la même vision européenne. Édouard Philippe a fait le choix de rejoindre le gouvernement d'Emmanuel Macron, il est loyal au président qu'il sert désormais, mais c'est vrai qu'à travers son caractère et sa détermination, nous retrouvons bien l'homme que nous avons connus autour d'Alain Juppé.

Pensez-vous qu'Emmanuel Macron a une action positive sur la France ?

Nous avons vraiment craint le pire pour la France au moment de la présidentielle où un second tour entre extrême droite et extrême gauche n'était pas exclu. Donc nous souhaitons avant tout que la France, à la fin de ce quinquennat, ait retrouvé la voie d'un emploi amélioré, qu'elle ait des perspective sur la scène internationale, qu'elle soit respectée en Europe. Que sur l'essentiel, la France gagne. Cela dit, je suis inquiète sur la difficulté qu'a le président de la République à travailler avec les territoires. Cette confiance qu'il n'arrive pas à établir avec les élus locaux, avec les forces vives dont il a besoin pour redresser la France. Inquiétude aussi sur sa difficulté à être plus rigoureux sur les choix budgétaires. On va retrouver pour 2019 un budget qui frôle les 3 % de déficit, ce ne sont pas des efforts suffisants pour que la France ait une gestion plus saine, moins de dépenses publiques et plus de forces économiques libérées pour créer de la richesse et donc de l'emploi. L'emploi, c'est vraiment le sujet sur lequel les Français attendent le gouvernement. Que les jeunes aient de nouveau des perspectives.

Il y aurait des désaccords entre Emmanuel Macron et Édouard Philippe pour la composition du gouvernement remanié. Le gouvernement doit-il recruter dans d'autres partis que La République en Marche ?

Je pense que le gouvernement aurait tout intérêt à élargir sa base. On voit combien le mouvement LREM est fragile parce que les élus ont peu d'expérience, il n'a pas d'ancrage sur le terrain. C'est un choix stratégique. Le président de la République, je crois, souhaite être seul maître. Mais [il faut] s'appuyer sur des personnalités compétentes qui seront en capacité de mener l'action. Des personnalités non pas seulement choisies pour leur appartenance politique, mais surtout pour leur conviction sur le fond. (…) Les Français ont besoin de se sentir représentés au plus haut niveau par des personnes totalement engagées dans leur mission.


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