Les Bleus en finale. Une aubaine ?

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par Nouvel Ordre Mondial 26 Vues comments

(Photo AFP)
Avec son coup de tête décisif contre la Belgique, Samuel Umtiti a fait des millions d’heureux en France. Et en particulier les sponsors de l’équipe de France. Carrefour, Crédit Agricole, PMU, EDF… Pas moins de douze sponsors des Bleus peuvent se réjouir de la présence de la France en finale de la Coupe du Monde, dimanche.« C’est une très bonne affaire pour les sponsors actuels. Quand les parts de marché sont relativement stables, ce genre d’opération permet de gagner quelques points là où vous avez de plus en plus de mal à aller les chercher », estime Vincent Chaudel, expert sport au cabinet Wavestone.« Il y a plusieurs campagnes qui jouent beaucoup sur l’émotion. C’est un impact immatériel, difficile à quantifier mais c’est sûr que ça aurait été plus compliqué à partir du moment où la France perd », ajoute Magali Tézenas du Montcel, déléguée générale de l’association Sporsora qui regroupe les acteurs de l’économie du sport.

Le ticket d’entrée pour sponsoriser l’équipe de France se situe généralement autour de quelques millions d’euros par an. Mais le chiffre peut vite grimper, à l’image du contrat passé avec l’équipementier Nike qui rapporte 50 millions d’euros par an à la Fédération.Les sponsors officiels ne sont pas les seuls à surfer sur la vague Mondial. Plusieurs marques, qui ne sont pas liées par contrat à la FFF, ont aussi modifié leur campagne de pub, à l’image des poulets de Loué et leurs 6 500 affiches mettant en scène « Didier des champs », un éleveur ressemblant au sélectionneur tricolore ! Montant de la campagne qui a duré une semaine : 200 000 euros pour la coopérative qui n’a pas eu les moyens de la prolonger.Côté politique, Emmanuel Macron, peut-il profiter d’un effet Mondial ? La prudence semble de mise au sein de l’Exécutif. Mot d’ordre : sobriété. « On est en finale. Rendez-vous dimanche pour la rapporter », a seulement tweeté Emmanuel Macron après la victoire face à la Belgique. Pas de réaction télévisée, aucune photo ou vidéo sur les réseaux sociaux de la présidence, une seule photo de son passage dans le vestiaire tricolore diffusée, puis retirée, par la Fédération française de football.

Le chef de l’Etat, que l’on avait vu l’été dernier, maillot de l’OM sur le dos, s’entraîner avec les joueurs de Marseille, a manifestement opté pour la retenue. Il n’en a pas moins exulté au coup de sifflet final dans le stade de Saint-Pétersbourg où il a suivi le match aux côtés du roi et de la reine des Belges. Et il sera présent pour la finale dimanche à Moscou, au lendemain de la fête nationale, accompagné de son épouse, a indiqué l’Elysée mercredi.La retenue animait aussi les membres du gouvernement après le Conseil des ministres, aucun d’entre eux ne se risquant à un commentaire. « Nous n’y sommes pour rien, mais réjouissons-nous », a résumé le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux qui s’est employé à freiner les enthousiasmes : « Les politiques qui font des calculs sur le dos des sportifs, je leur prédis un avenir peu radieux. En cas de triomphe français, nous n’oublierons pas les 9 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté, les 3 millions d’enfants qui vivent sous le seuil de pauvreté, les 4 millions de personnes mal logées, les plus de 3 millions de chômeurs, le plus de 1 million de chômeurs de longue durée, le 1,3 million de décrocheurs scolaires, tout l’héritage des 25 ou 30 dernières années ».

En recul dans plusieurs sondages, le chef de l’Etat peut escompter une embellie en cas de sacre mondial. La popularité de Jacques Chirac avait en effet spectaculairement rebondi en 1998. Un temps seulement, selon le directeur général adjoint de l’Ifop, Frédéric Dabi. Pour le reste, le sacre à l’Euro-2000 et la finale perdue du Mondial-2006 n’avaient eu « aucun impact ». Pas plus que l’épisode désastreux du Mondial-2010 en Afrique du Sud n’avait particulièrement affecté la cote de Nicolas Sarkozy.Comme Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande avant lui, Emmanuel Macron a « coché les cases traditionnelles » en rendant notamment visite aux Bleus à Clairefontaine avant le Mondial. Petite singularité selon Frédéric Dabi : « Il s’était positionné sur la culture de la gagne » en déclarant aux joueurs qu’« une compétition est réussie quand elle est gagnée ». Selon un récent sondage Odoxa, une victoire des Bleus « peut quand même lui apporter de la proximité. Le foot, c’est quand même le sport avec lequel les différences sociologiques s’estompent ».« Bien sûr que ça va profiter à Macron, et il aurait bien tort de ne pas en profiter. Les Français vont partir en vacances heureux. Mais à la rentrée ils vont être confrontés à nouveau à la réalité. Comme le carrosse qui redevient citrouille », juge une sénatrice.

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