Le vrai visage de Chelsea Manning, ou pas

Wikileaks

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« Probably Chelsea », installation d’Heather Dewey-Hagborg à la Fridman Gallery, à New York, en août 2017. JOHANNES SCHMITT-TEGGE/DPA/PICTURE ALLIANCE/MAX PPP

Ces trente visages suspendus dans l’espace, ressemblants mais différents, au genre difficile à déterminer, présentant des variations de traits et des yeux de diverses couleurs, ont été reconstitués à partir d’échantillons d’ADN de la lanceuse d’alerte Chelsea Manning. Exposée du 31 janvier au 4 février à Transmediale, festival berlinois consacré aux nouveaux médias et à la culture numérique, l’installation « Probably Chelsea » a été créée par l’artiste américaine Heather Dewey-Hagborg au début de l’année 2017.

A cette époque, Chelsea Manning, condamnée à trente-cinq ans de réclusion pour espionnage après avoir transmis à WikiLeaks, en 2010, 700 000 documents militaires confidentiels, purgeait sa peine à la prison militaire pour hommes de Fort Leavenworth, au Kansas. Pour l’armée, l’ancien analyste du renseignement militaire, dont l’image en uniforme, béret sur le front, cravaté, cheveux courts, a fait le tour du monde lors de son procès en juin 2013, s’appelait Bradley Manning et était un homme. Mais, derrière les barreaux, Manning demandait qu’on l’appelle Chelsea, se déclarait transgenre – disant se considérer comme une femme « depuis l’âge de 5 ans » –, se laissait pousser les cheveux et voulait suivre un traitement de réassignation sexuelle. Le Pentagone refusait, et lui faisait régulièrement raser la tête.

Chelsea a fait deux tentatives de suicide avant que l’armée américaine n’accède à sa demande, en septembre 2016. Elle avait alors déclaré : « C’est tout ce que je voulais : qu’ils me laissent être moi. » Saluée par les mouvements queer et LGBT, elle a commencé sa transformation en femme. Mais, étant donné ses conditions de détention très strictes, personne ne connaissait l’apparence de la nouvelle Chelsea.

C’est alors qu’Heather Dewey-Hagborg entame une correspondance avec elle. L’artiste s’intéresse, depuis plusieurs années, aux technologies de profilage génétique et à la création de portraits-robots à partir d’ADN. En 2013, pour son projet « Stranger Visions », elle a réalisé une série de « portraits potentiels » à partir d’échantillons d’ADN extraits de mégots ou de chewing-gums ramassés dans la rue ; un algorithme déterminait une apparence probable – une technique que la police utilise aux Etats-Unis –, puis l’artiste imprimait le résultat en 3D. Elle veut ainsi alerter le public sur notre « vulnérabilité génétique » et sur la large marge d’erreurs que comportent ces procédés.


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