Le prince consort Henrik de Danemark est décédé

Le prince consort Henrik de Danemark est décédé

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par Nouvel Ordre Mondial 65 Vues comments

Né en Gironde, l’époux de la reine Margrethe II de Danemark est décédé mardi 13 février à l’âge de 83 ans. Figure parfois critiquée au Danemark, Henrik avait publié plusieurs recueils de poésie.

Né Henri Marie Jean André de Laborde de Monpezat, Henrik de Danemark est décédé mardi 13 février au soir, a indiqué le palais. Le prince consort s’est éteint à l’âge de 83 ans, entouré de sa femme la reine Margrethe II et de ses deux fils, Frederik et Joachim.

Une infection pulmonaire

Henrik de Danemark avait été rapatrié fin janvier d’Égypte, où il était en vacances, en raison d’une infection pulmonaire. Il était depuis traité au Rigshospitalet, un hôpital de Copenhague.

Mais en début de semaine, le palais avait publié un communiqué annonçant son retour au château de Fredensborg, la résidence de printemps de la famille royale, pour « vivre ses derniers instants ». Son fils aîné, le prince héritier Frederik avait interrompu son déplacement aux Jeux olympiques en Corée du Sud pour revenir à son chevet.

Une enfance au Vietnam

Né le 11 juin 1934 à Talence, près de Bordeaux, le jeune et fringant Henri de Laborde de Monpezat avait passé ses premières années en Indochine où son père administrait les plantations familiales. La guerre les chassa définitivement du Vietnam, même s’il revient passer son bac à Hanoï.

Après des études de sciences politiques, maîtrisant le chinois et le vietnamien, le second d’une fratrie de neuf enfants s’est tourné vers la diplomatie. Nommé à l’ambassade française à Londres, il y rencontra alors sa future épouse, Margrethe.

Un Français assez critiqué au Danemark

Henri devient Henrik à son mariage en juin 1697, changeant son prénom, sa nationalité et sa foi, en se convertissant au protestantisme. Avec le couronnement de Margrethe comme reine du Danemark en janvier 1972, Henrik « accepte de jouer le jeu, mais c’est très dur pour un homme de ne pas être considéré sur le même plan que son épouse », avait-il reconnu dans ses mémoires, « Destin oblige », publiés en 1997.

D’autant plus dur que le « Français », amateur de poésie, de vins boisés et de bonne chère, incarnation de l’arrogance méridionale en terre luthérienne, met du temps avant de se faire accepter. « Tout ce que je faisais était critiqué. Mon danois était bancal. Je préférais le vin à la bière, les chaussettes en soie aux chaussettes en tricot, les Citroën aux Volvo, le tennis au football. J’étais différent », poursuivait-il.

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Le refus d’être enterré avec la reine Margrethe

Ombre d’une reine très populaire, Henrik s’était énervé de cette situation à de multiples reprises, comme en 2002 lorsque Margrethe demande à son fils de la remplacer pour la lecture des vœux plutôt qu’à son époux. « Les controverses ont marqué son histoire au Danemark et sa relation avec la population danoise », raconte sa biographe Stephanie Surrugue.

Depuis 2016, le prince consort était libéré de ses obligations officielles, qu’il honorait diversement selon son humeur. À l’été 2017, dernier coup d’éclat, Henrik de Danemark avait fait savoir qu’il ne voulait pas être inhumé avec sa femme dans la nécropole de la cathédrale de Roskilde, comme le sont traditionnellement les couples royaux. Il arguait qu’il n’était pas son égal dans la vie et ne souhaitait pas l’être dans la mort.

Dans la foulée, le palais avait annoncé qu’Henrik souffrait de « démence », sans révéler de diagnostic médical précis. La maison royale n’a pas encore indiqué où il sera enterré.

Un défenseur de la langue française au Danemark

Malgré des rumeurs de tensions avec le personnage, le premier ministre danois Lars Lokke Rasmussen lui a rendu hommage : « Le prince Henrik a représenté le Danemark avec excellence. Son engagement était communicatif, et ses connaissances énormes, où qu’il soit ».

En France, Emmanuel Macron a également salué celui qui « avait toujours eu à cœur de promouvoir la longue et inaltérable amitié entre la France et le Danemark, deux nations dont l’alliance ne fut jamais rompue. »

« Il veilla en particulier à ce que la langue française demeure employée à la Cour et reste enseignée au Danemark, a remarqué le président de la République. Épris de lettres et d’art de vivre, il avait publié plusieurs recueils de vers en français et en danois, notamment Cantabile, illustré par son épouse, et même un livre de cuisine. Il veillait amoureusement sur son domaine viticole du Château de Cayx, dans le Lot ».

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La Croix (avec AFP)

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