Le pape met en garde contre le renvoi des migrants en Libye

Religions

par Nouvel Ordre Mondial 13 Vues comments

Soulignant que « l’Italie et la Grèce ont été très généreuses dans l’accueil », le pape, sans renoncer à l’accueil d’urgence des réfugiés, appelle à une solution européenne et insiste sur le développement de l’Afrique.

Au cours de la conférence de presse, dans l’avion qui le ramenait de Genève, jeudi soir 21 juin, le pape François a notamment évoqué la question des réfugiés, rappelant le devoir d’accueil des pays, mais soulignant aussi la nécessité du développement, notamment en Afrique.

« J’ai déjà beaucoup parlé des réfugiés », a-t-il souligné, rappelant ses critères « accueillir, accompagner, promouvoir, intégrer », déjà maintes fois évoqués et soulignant la vertu de « prudence » propre aux gouvernements : « Un pays doit accueillir autant de réfugiés qu’il le peut, et qu’il peut intégrer, c’est-à-dire éduquer et donner du travail », a-t-il expliqué.

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Soulignant que « nous sommes face à une vague de réfugiés qui fuient les guerres et la faim en Afrique, les guerres et la persécution au Moyen-Orient », le pape a notamment « l’Italie et la Grèce », qui « ont été très généreuses dans l’accueil ». Il a aussi insisté sur les nombreux réfugiés syriens accueillis par la Turquie, le Liban et la Jordanie.

« J’ai vu les photos des prisons des trafiquants »

« Des pays comme l’Espagne en ont beaucoup reçu », a-t-il également relevé, complétant un tour des pays méditerranéens d’où la France était absente – il devait plus tard refuser la question des journalistes français évoquant sa prochaine rencontre avec Emmanuel Macron et la question des migrants.

Soulignant le problème du trafic de migrants, il a notamment pointé du doigt le sort des migrants forcés de retourner en Libye. « J’ai vu les photos des prisons des trafiquants. Ils séparent immédiatement les hommes des femmes. Femmes et enfants vont Dieu sait où… », a-t-il raconté, rappelant que de telles choses n’avaient pas été vues « la Seconde guerre mondiale ».

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Le pape François a reconnu que « les gouvernements se préoccupent que les migrants ne retournent pas dans les mains de ces gens » et qu’ils cherchaient notamment à « trouver un accord qui modifie l’accord de Dublin ».

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Sur les causes des migrations, et notamment les guerres et la persécution religieuse, il a reconnu que ces problèmes étaient « difficiles à résoudre ». « Mais le problème de la faim on peut le résoudre, a-t-il affirmé. Beaucoup de pays européens pensent à un plan d’urgence pour investir dans ces pays, investir intelligemment pour donner travail et éducation. »

Mettant en cause l’« inconscient collectif » qui fait de l’Afrique une « terre d’esclaves » propre à être « exploitée », il a espéré que ce plan d’investissement « change les choses » en permettant la croissance de l’Afrique.

« Le peuple africain a tant de richesses culturelles, une grande intelligence, a-t-il affirmé. Avec une bonne éducation, les enfants pourront aller loin. »

Intercommunion en Allemagne : le pape soutient Mgr Ladaria

Le pape a néanmoins convenu que cette question du développement était « la route à moyen terme » et que, face à l’urgence, « les gouvernements doivent se mettre d’accord pour aller de l’avant ».

Le pape, qui s’est félicité de sa « journée de rencontres » œcuméniques à Genève a aussi été interrogé sur la question de l’intercommunion en Allemagne, après le renvoi, par le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, d’un texte des évêques allemands sur l’intercommunion.

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« Ce n’est pas une nouveauté », a souligné le pape, rappelant que le Code de droit canonique confie la question de l’hospitalité eucharistique à l’évêque diocésain et non à la conférence épiscopale.

Soulignant la qualité de l’étude des évêques allemands, il a reconnu que le document des évêques allemands « n’était pas mûr » et qu’il devait être rediscuté pour devenir un texte d’orientation et non un texte normatif, la question n’était pas de la compétence de « l’Église locale », la conférence épiscopale, mais de « l’Église particulière », le diocèse

Il a aussi soutenu son préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, Mgr Luis Ladaria, qui n’a agi, selon le pape, qu’avec son accord.

Nicolas Senèze, à Rome

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