Le décryptage éco. Quelles coupes budgétaires et dans quels ministères ?

Politique

par Nouvel Ordre Mondial 25 Vues comments

Des drapeaux français devant le ministère des Finances et de l\'Economie.
Des drapeaux français devant le ministère des Finances et de l'Economie. (ERIC PIERMONT / AFP)

Le gouvernement engage jeudi 12 juillet le débat d'orientation des finances publiques devant les députés. Un exercice traditionnel, mais qui cette année va être un peu particulier. Comme d’habitude, ce sont les ministres de Bercy, en l’occurrence Gérald Darmanin, le ministre des Comptes publics et Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et des Finances qui vont faire cette présentation. 

Cet exercice est une première étape préparatoire obligatoire, avant le vote du projet de budget pour 2019, de l'automne. La tradition veut que le gouvernement dévoile les ministères où il compte faire des économies, mais aussi ceux qui vont voir leur budget augmenter. Mais, cette année, il y a une nouveauté importante
par rapport aux usages des dernières années, c’est que le document que les ministres vont présenter aujourd’hui aux parlementaires ne donnera aucune précision sur l’évolution des postes de la fonction publique. Souvenez vous, Emmanuel Macron a promis de faire 120 000 suppressions de postes de fonctionnaires sur le quinquennat, mais le brouillard reste total pour le moment sur les moyens d’y parvenir.

Bercy explique que les évolutions des effectifs de fonctionnaires découleront  "du processus de transformation de l'action publique" qui est en cours, le fameux plan CAP 2022. Autrement dit, tant que la modernisation de l’État ne sera pas complètement définie et actée, impossible de dire où se feront les coupes dans les postes. Par exemple, on sait qu’il y aura des suppressions d’emplois au ministère de l’Économie car il va y avoir une importante réorganisation du recouvrement des impôts mais on ne sait pas combien d’agents exactement seront concernés.

C’est évidemment une stratégie : le gouvernement préfère éviter de crisper les débats autour des suppressions de postes, ce qui peut être habile, mais pas sans risque car ce manque de précision commence sérieusement à agacer les députés. Y compris ceux de la majorité et cela laisse planer le doute quant à la capacité du gouvernement à tenir sa promesse.

Le ministère du Travail est le plus impacté par les économies : il va perdre plus de deux milliards d’euros. Cela s’explique par le nombre de contrats aidés qui va encore être réduit en 2019 mais aussi la fin de la prime pour l’embauche Hollande qui était donnée aux entreprises. Celui de la Cohésion des territoires va aussi perdre plus d'un milliard d’euros, conséquence des mesures des loi logement. A contrario, la défense voit son budget augmenter, comme la justice, la santé ou encore la recherche.

Plus globalement, le gouvernement s’engage, comme l’année dernière, à limiter la hausse des dépenses de l’État, mais il fera moins d’économies que prévu. Les crédits des ministères seront ainsi supérieurs de 600 millions à ce qui était initialement envisagé sur un budget global de l’État de 400 milliards d’euros en 2019.


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