L’ancien évêque australien n’ira pas derrière les barreaux

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par Nouvel Ordre Mondial 29 Vues comments

L’ancien archevêque d’Adélaïde (Australie) condamné à un an de détention pour avoir couvert des abus sexuels n’ira pas en prison. Un tribunal lui a accordé mardi 13 août de purger sa peine à domicile.

Cette mesure d’aménagement de peine n’est pas si rare pour les personnes âgées de plus de 65 ans, dont la capacité de récidive est jugée très faible.

L’ancien archevêque d’Adélaïde, Mgr Philip Wilson, ne connaîtra pas la prison. Mardi 13 août, un juge d’application des peines australien a accepté que sa peine d’un an, dont six mois incompressibles, soit effectuée sous forme de « détention à domicile ». Dans ce cadre, Mgr Wilson devra porter un bracelet électronique, rapporte le Newcastle Herald.

En mai, Mgr Philip Wilson, avait été reconnu coupable par le tribunal de Newcastle d’avoir dissimulé les abus commis dans les années 1970 par Jim Fletcher, prêtre pédophile, dans la région de Hunter (Nouvelle-Galles du Sud), en s’abstenant de dénoncer les accusations portées contre lui.

L’ancien archevêque, âgé de 67 ans, est l’un des ecclésiastiques les plus haut placés dans la hiérarchie catholique mondiale à être condamné pour de tels faits. Le pape François a accepté fin juillet sa démission.

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Un début de maladie d’Alzheimer qui a plaidé en sa faveur

Le juge Robert Stone, qui avait renvoyé sa décision sur l’aménagement de la peine pour étudier précisément la demande, a décidé que l’état mental et physique de Mgr Wilson – atteint de la maladie d’Alzheimer –, ainsi que son âge étaient entrés en ligne de compte. Le juge a également pris en compte, comme c’est le cas dans ce genre de décisions, la faculté de récidive du coupable, ici évaluée comme quasi-nulle.

Si la décision peut surprendre, ce n’est pas une première pour des cas de faits délictueux ou criminels peu enclins à se reproduire. L’affaire de l’actuel sénateur de l’État de Victoria, Derryn Hinch, avait défrayé la chronique après avoir enfreint les règles en matière d’anonymat, en révélant le nom de deux personnes délinquantes sexuelles. Il avait alors été condamné à 5 mois de prisons, transformés en assignation à résidence.

Des « détentions à domicile » encouragées

La loi australienne précise que ces assignations à résidence sont adaptées pour des peines inférieures à 18 mois. Un bilan physique et psychologique de la personne devra en outre être fourni. L’âge ou la maladie, sur le plan physique mais aussi la propension à respecter les règles instituées sur le plan psychologique sont des facteurs plaidant pour un tel aménagement de peine.

Face à la pression carcérale dans le pays, où l’on compte 216 personnes emprisonnées pour 100 000 habitants majeurs, l’État a décidé de favoriser les peines alternatives comme l’assignation à résidence. À titre expérimental, en 2016, les autorités australiennes ont débloqué 15 millions d’euros de budget dans le sud du pays pour développer ce type de peines.

D’autres criminels en col blanc préservés

Hors d’Australie, l’assignation à résidence est également un moyen recherché par certains condamnés ayant une certaine position sociale et voulant échapper à la prison. En mai dernier, à l’issue d’une longue procédure judiciaire, le français Jérome Cahuzac a écopé de deux ans de prison ferme en appel. Mais cette peine, compte tenu de son casier judiciaire vierge, devrait lui permettre un aménagement de peine lui évitant l’incarcération, a précisé son avocat.

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Julien Tranié

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