Lactalis. Besnier, un fantôme à la tête du géant du lait

Dernières news

par Nouvel Ordre Mondial 10 Vues comments

Hormis cette capture d'écran du profil Facebook d'Emmanuel Besnier, les rares photos du P-DG dans les médias datent, au moins, d'il y a une dizaine d'années.
Hormis cette capture d'écran du profil Facebook d'Emmanuel Besnier, les rares photos du P-DG dans les médias datent, au moins, d'il y a une dizaine d'années.
Bien qu'Emmanuel Besnier occupe depuis près de 18 ans la tête du groupe familial dont il a fait le numéro un mondial du lait, il reste un inconnu. Inconnu du grand public, comme de ses 75.000 salariés dans 85 pays, dont 15.000 en France, ou des milliers de producteurs qui alimentent, au quotidien, cette gigantesque machine.

« Son grand-père (qui a fondé l'entreprise en 1933, NDLR) allait dans chaque ferme, connaissait chaque producteur. Lui, personne ne le voit jamais ! Moi, en 20 ans de responsabilité agricole dans le département, je ne l'ai jamais rencontré », s'étonne Philippe Jéhan, président du syndicat agricole FDSEA de Mayenne, le berceau de Lactalis dont le siège est à Laval. Marcel Denieul, président du Space, le grand salon de l'élevage de Rennes, livre le lait de son exploitation à Lactalis mais n'a « jamais rencontré », non plus, ce mystérieux P-DG. Et, même l'ancien ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, rappelle régulièrement, qu'en cinq ans de mandat, il ne l'a jamais vu. « Il est dans la tradition de son père, c'est-à-dire, "on ne communique pas, on conduit sa barque" », analyse l'ancien ministre Jean Arthuis (Alliance centriste), qui, dans le cadre de ses mandats d'élu en Mayenne, a, lui, eu la chance (?), de rencontrer ce P-DG atypique. Né en 1970, il a été propulsé, à 29 ans, à la tête du groupe après la mort brutale de son père. Emmanuel Besnier, considéré, aujourd'hui, comme l'une des 20 premières fortunes de France, selon Challenges, vivait encore, il y a quelques années, dans une commune proche de la préfecture de la Mayenne, à Entrammes, où sa famille dispose d'un château dans la forêt. Mais désormais « toute la famille a déménagé à Paris », indique un journaliste local. Cet homme de haute taille, aux yeux clairs derrière ses verres de lunettes, n'apparaît guère dans la vie publique et jamais dans les médias. « Il cultive, à l'évidence, la discrétion. Localement, ce n'est pas quelqu'un qui prend position. Il n'est absolument pas dans les organisations patronales », relève Guillaume Garot, maire de Laval de 2008 à 2014, et ancien ministre délégué chargé de l'Agroalimentaire.

« Il a une vision d'entreprise de niveau mondial (...) Il considère que le monde est dur, que la compétition est dure, que la France doit s'adapter et que son entreprise doit être au niveau », note Guillaume Garot. « Il y a un vieil adage mayennais qui dit : "le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit" », tente Jean Arthuis en guise d'explication. « Rester discret peut être un choix de vie (...) La notoriété implique un mode de vie plus contraignant et on a le droit de ne pas avoir envie de ça », estime Marcel Denieul. « Le jour où il y a eu la décision de faire du groupe Besnier le groupe Lactalis, c'était aussi une volonté de protéger la famille », explique le responsable agricole. Il y a quand même un centre d'intérêt autre que Lactalis dans la vie d'Emmanuel Besnier : le football. Mais quand le P-DG du groupe assiste aux matchs, il le fait... derrière une vitre teintée. Et il arrive dans sa loge après le début du match et en part avant la fin.

Commentaires