“La voie vers la sainteté exige des efforts”, explique le pape François aux servants d’autel en pèlerinage

Religions

par Nouvel Ordre Mondial 18 Vues comments

Le 31 juillet 2018, avant la messe des Vêpres célébrée place Saint-Pierre à Rome, le pape François a rencontré les servants d’autel venus par dizaines de milliers à l’occasion de leur pèlerinage international (30 juillet au 3 août). Pèlerinage intitulé, cette année, « Poursuis la paix, recherche-la ! » (Ps 34,15b) et dont l’objectif était d’approfondir leur foi et leur mission de service au cœur de l’Église. Le pape François a répondu aux questions de certains d’entre eux, des interrogations sur la paix, le service dans l’Église et hors de l’Église, le peu de présence des jeunes dans la vie paroissiale, la foi et le chemin de sainteté.

Texte original italien (*)

Chers servants d’autel, bonsoir !

Je suis heureux de vous voir si nombreux ici place Saint-Pierre, décorée des couleurs de vos drapeaux. J’ai eu également la joie de vous voir déjà vers midi avec cette chaleur : vous êtes courageux ! Bravo ! Vous m’avez remis les signes distinctifs de votre pèlerinage, merci de tout cœur ! Je suis pèlerin avec vous qui venez de nombreux pays du monde. Nous sommes unis dans la foi en Jésus-Christ, nous sommes en chemin avec lui qui est notre paix. Je remercie votre président, Mgr Nemet pour les salutations qu’il m’a adressées en votre nom. Il m’a demandé de vous encourager, il a demandé : Ermutigen Sie sie, Heiliger Vater !. Je dois vous encourager. C’est pourquoi je vous laisse la place, et vous posez les questions.

En tant que servants d’autels, mais aussi comme croyants, nous nous donnons réciproquement la paix en échangeant le signe de la paix au cours de la messe. Comment pouvons-nous contribuer à faire sortir cette paix également hors des murs de nos églises et être ainsi des constructeurs de paix dans nos communautés, dans nos pays, dans nos familles et dans le monde ?

Merci ! Tu as raison, la paix et la messe vont ensemble. Avant le signe de la paix, nous demandons au Seigneur de donner la paix et l’unité à la communauté de l’Église. La paix est son don qui nous transforme afin que, comme membres de son corps, nous puissions éprouver les mêmes sentiments que Jésus, nous puissions penser comme il pense – les mêmes sentiments que Jésus, et penser comme Jésus pense ! – aimer comme il aime. Et cela donne la paix. Et à la fin de la messe, nous sommes envoyés avec ces paroles : « Allez en paix », c’est-à-dire : apportez la paix avec vous, pour la donner aux autres, la donner à travers votre vie, avec le sourire, avec les œuvres de charité. L’engagement concret pour la paix est la preuve du fait que nous sommes véritablement disciples de Jésus. La recherche de la paix commence par les petites choses. Par exemple, à la maison, après une dispute, entre frères, est-ce que je me renferme sur moi-même – je demande – en montrant que je suis vexé, ou est-ce que j’essaie de faire un pas vers l’autre ? Est-ce que je sais faire la paix dans les petits gestes ? Est-ce que je suis prêt à me demander dans chaque situation : « Que ferait Jésus à ma place ? ». Si nous faisons cela, et si nous cherchons à le mettre en pratique avec décision, nous apporterons la paix du Christ dans la vie de tous les jours et nous serons constructeurs et instruments de paix. Merci.

Nous sommes servants d’autel, nous servons le Seigneur à l’autel et nous le contemplons dans l’Eucharistie. Comment pouvons-nous vivre la contemplation spirituelle à l’exemple de Marie et le service pratique à l’exemple de Marthe de façon concrète, en cherchant à reconnaître ce que veut Jésus de nous dans notre vie ?

Comme servants d’autel, vous faites en effet un peu l’expérience de Marthe et Marie. Il serait beau que, outre votre service liturgique, vous sachiez d’une part vous engager dans la vie paroissiale et, de l’autre, être en silence en présence du Seigneur : les deux choses. Et ainsi, dans ce mélange d’action et de contemplation, on reconnaît également le dessein de Dieu sur nous, on voit quels sont les talents et les intérêts que Dieu place dans notre cœur et comment les développer. Mais surtout, on se place humblement devant Dieu, tel que l’on est, tel que l’on est sans maquillage, sans déguisement, tel que l’on est, devant Dieu, avec nos qualités et nos limites, en lui demandant comment mieux pouvoir le servir, ainsi que notre prochain. Et n’ayez pas peur de demander un bon conseil quand vous vous demandez comment pouvoir servir Dieu et les personnes qui ont besoin d’aide dans le monde. Rappelez-vous que plus vous donnez aux autres, plus vous recevrez vous-mêmes en plénitude et plus vous serez heureux ! Merci.

En étant servants d’autel, cela nous attriste de voir le peu de jeunes de nos âges qui participent à la messe et à la vie paroissiale. Dans certains pays, l’Église perd rapidement, pour diverses raisons, de nombreux jeunes. Comment pouvons-nous, avec nos communautés, atteindre ces personnes et les faire revenir au Christ et à la famille de l’Église ?

Aujourd’hui, en tant que jeunes, vous pouvez être des apôtres qui savent attirer les autres à Jésus. Cela arrive si vous êtes pleins d’enthousiasme pour lui, pour Jésus, si vous l’avez rencontré, connu personnellement, et si vous avez été, en premier, « conquis » par lui. C’est pourquoi je vous dis : essayez de connaître et d’aimer toujours plus le Seigneur Jésus – je veux le répéter, essayez de connaître et d’aimer toujours plus le Seigneur Jésus –, en le rencontrant dans la prière, dans la messe, dans la lecture de l’Évangile, dans le visage des petits et des pauvres. Et efforcez-vous d’être amis, gratuitement, de ceux qui sont autour de vous, afin qu’un rayon de la lumière de Jésus puisse arriver à eux à travers votre cœur épris de lui. Très chers jeunes, il n’y a pas besoin de beaucoup de paroles, ce qui est important sont les faits, la proximité, le service, le regard silencieux devant le Très-Saint Sacrement. Les jeunes – comme tout le monde du reste – ont besoin d’amis qui donnent un bon exemple, qui font sans prétendre, sans s’attendre à quelque chose en retour. Et de cette façon, vous faites sentir également combien la communauté des croyants est belle parce que le Seigneur habite parmi eux, comme il est beau de faire partie de la famille de l’Église. Merci.

Beaucoup de gens disent ne pas avoir besoin de Dieu, de la religion et de l’Église dans leur vie. Pourquoi devrait-on opter précisément pour la foi catholique ? Quelle est la chose la plus importante ? Et pourquoi la foi est-elle si importante pour vous ?

La foi est essentielle, la foi me fait vivre. Je dirais que la foi est comme l’air que nous respirons. Nous ne pensons pas à chaque respiration combien l’air est nécessaire, mais quand il manque ou quand il n’est pas propre, nous réalisons combien il est important ! La foi nous aide à saisir le sens de la vie : il y a quelqu’un qui nous aime infiniment, et ce quelqu’un est Dieu. Il nous aime infiniment. Nous pouvons reconnaître Dieu comme notre créateur et sauveur ; aimer Dieu et accueillir notre vie comme un don de lui. Dieu veut entrer dans une relation vitale avec nous ; il veut créer des relations et nous sommes appelés à en faire autant. Nous ne pouvons pas croire en Dieu et penser être des fils uniques ! Le seul Fils unique qu’a Dieu est Jésus. Unique parce que c’est Dieu. Mais parmi les hommes, il n’y a pas de fils uniques de Dieu. Pensez à cela ! Nous sommes tous fils de Dieu. Nous sommes appelés à former la famille de Dieu, c’est-à-dire l’Église, la communauté de frères et sœurs dans le Christ – nous sommes « de la maison de Dieu » comme le dit saint Paul (Ep 2, 19). Et dans cette famille de l’Église, le Seigneur nourrit ses fils par sa Parole et ses sacrements. Merci.

Notre service de servants d’autel est beau, il nous plaît beaucoup. Nous voulons servir le Seigneur et notre prochain. Mais faire le bien n’est pas toujours facile, nous ne sommes pas encore saints. Comment pouvons-nous traduire notre service, dans la vie quotidienne, en œuvres concrètes de charité et dans un chemin vers la sainteté ?

Oui, il est difficile de faire toujours le bien et de devenir saint… Tu sais, la voie vers la sainteté (1) n’est pas pour les paresseux, elle exige des efforts. Je vois que vous, servants d’autel, vous vous engagez sur ce chemin. Le Seigneur Jésus nous a donné un programme simple pour marcher sur la voie vers la sainteté : le commandement de l’amour de Dieu et du prochain. Efforçons-nous d’être bien enracinés dans l’amitié avec Dieu, reconnaissants pour son amour et désireux de le servir en tout, et ainsi, nous ne pourrons rien faire d’autre que partager le don de son amour avec les autres. Et pour concrétiser le commandement de l’amour, Jésus nous a indiqué les œuvres de miséricorde. J’aimerais demander ici si vous connaissez tous les œuvres de miséricorde. Je suis certain que vos évêques vous les ont enseignées. Mais vous, est-ce que vous les connaissez bien, quelles sont les œuvres de miséricorde ? Si vous ne les connaissez pas, comment pouvez-vous les réaliser ? C’est important les œuvres de miséricorde. Elles sont une voie exigeante, mais à la portée de tous. Pour faire une œuvre de miséricorde, il n’est pas nécessaire d’aller à l’université, d’obtenir une maîtrise. Tous, tous peuvent faire les œuvres de miséricorde. Elles sont à la portée de tous. Il suffit que chacun de nous commence à se demander : « Que puis-je faire aujourd’hui, moi, pour répondre aux besoins de mon prochain ? », de ce prochain : de mes frères, de mon père, de ma mère, de mes grands-parents, de mes amis, des pauvres, des malades… ; mais un, un par jour. Que puis-je faire pour répondre aux besoins de mon prochain ? Et peu importe si c’est un ami ou un inconnu, un concitoyen ou un étranger, c’est mon prochain. Croyez-moi, ce faisant, vous pourrez devenir véritablement saints, des hommes et des femmes qui transforment le monde en vivant l’amour du Christ. C’est vrai, ce n’est pas facile, cela exige des efforts. Mais rappelez-vous, je vous le dis encore une fois : la voie ver la sainteté n’est pas pour les paresseux.

Merci pour ce dialogue !

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