La maîtrise de la fécondité, une histoire vieille comme le monde

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En remontant aux sources de l’humanité, il semble que déjà les populations de chasseurs-cueilleurs se souciaient de limiter leur descendance pour assurer leur survie. L’anthropologue américaine Nancy Howell a ainsi documenté le fait que les Dobe ! Kung, les nomades qui peuplaient le vaste désert de Kalahari au sud du continent africain, recourraient de manière assez systématique à des pratiques d’avortement, probablement par ingestion de substances abortives, pour allonger les intervalles de naissance à quatre ou cinq ans.« Le travail des préhistoriens démographes a permis d’établir que pour survivre, les chasseurs-cueilleurs avaient besoin de 10 km2 par personne. Ce ratio sera multiplié par cent au néolithique, période de croissance démographique, l’avènement de l’agriculture permettant alors de nourrir dix habitants/km2 », explique le démographe Hervé Le Bras.Le populationnisme de l’Europe classiqueLes Grecs limitent à leur manière le nombre de citoyens dans la cité en allant fonder ailleurs d’autres colonies. Longtemps, la « régulation » se fera aussi violemment, au gré des épidémies qu’elles soient involontaires ou s’apparentant à des guerres biologiques. « Les Mongols ont catapulté des morceaux de corps atteints de la peste sur la colonie génoise assiégée de la mer d’Azov, les Génois en fuyant ont alors répandu la maladie. Cette grande peste noire de 1347 a décimé un quart de la population européenne en dix-huit mois. Au XVIe siècle, des sept millions d’Aztèques vivant au Mexique, il en restera à peine un million au bout d’une génération après l’arrivée d’Hernan Cortès aux Amériques », évoque Hervé Le Bras.A voir : VIDEO - Pierre Rabhi : « L’argument démographique est une imposture pour sauver la planète »Toutefois la peur du déclin démographique mobilisera largement au fil du temps. Dès l’époque romaine, les sénateurs Julia et Poppaea se firent, sous Auguste, promoteurs de lois natalistes. Le populationnisme occupera l’Europe classique. « Colbert soustrait à l’impôt les ménages ayant de nombreux enfants. Montesquieu se plaindra que la Terre se dépeuple à une époque où est véhiculée la vision d’une Terre prospère et peuplée au temps de l’Antiquité, souligne Hervé Le Bras. L’opinion savante au XVIIIe siècle conviendra que la réalité est inverse, que la population augmente depuis l’Antiquité. Malthus, généralement mal compris, sera d’ailleurs en faveur de la croissance démographique, mais il plaide pour une progression lente, maîtrisée. »Le déclinisme de l’entre-deux-guerresPour autant le déclinisme reprendra le dessus et battra son plein pendant l’entre-deux-guerres. Le sociologue anglais David Glass publie en 1936 The Struggle for Population (la lutte pour la population). Des prévisions tablent alors sur une raréfaction des Anglais, les plus sombres pronostiquent cinq millions d’habitants Outre-Manche au bout d’un siècle. En France, le démographe Alfred Sauvy prévoit que les 41 millions de Français de 1931 ne seront plus que 39 ou 29 millions en 1980, alors qu’ils seront de fait 55 millions.L’ouvrage La bombe P (P pour population) du biologiste américain Paul Ehrlich en 1968 est le témoin emblématique de la prise de conscience de l’explosion démographique des années 1960-1970. Explosion appelée à se tarir. Vers 2060.

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