Immeubles effondrés à Marseille. Un sinistré costarmoricain témoigne

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par Nouvel Ordre Mondial 11 Vues comments

(Gérard Julien/AFP)

Maël Camberlein, originaire de Plaintel (Côtes d’Armor), sa compagne Emilie et leur petite fille figurent parmi les sinistrés de la rue d’Aubagne, dans le quartier populaire des Noailles à Marseille (*).

Ils n’ont plus de logement et s’interrogent sur les réparations et dédommagements qu’ils pourront obtenir. Leur témoignage.


Ce drame est-il vraiment une surprise ?

Nous n’étions que depuis deux ans dans le quartier des Noailles où nous avons acheté un appartement dans la rue d’Aubagne. Mais cela fait des années que les habitants et des associations de Marseille dénoncent l’insalubrité de nombreux immeubles et se battent pour leur réhabilitation. Et, nous nous sommes rendus compte nous-même très vite que les propriétaires de ces logements, qu’ils soient privés ou publics cachent la misère. Derrière des façades rénovées, des volets repeints, règne parfois l’insalubrité le plus totale.


Pourquoi avez vous choisi le quartier de Noailles ?

Parce que c’est un quartier central pour ce déplacer et sortir, situé entre le cours julien et le vieux port. C’est un lieu vivant avec une vie sociale animée. C’est aussi là ou nous pouvions trouver un appartement qui nous plaisait dans notre budget.


Quand vous avez acheté votre appartement dans l’immeuble 69, ce dernier vous paraissait-il en meilleur état que ses voisins ?

Nous l’avons acheté au moment de sa mise en copropriété. Une expertise technique complète de l’immeuble venait d’être faite et, à part un besoin de ravalement de façade il n’y avait pas de gros travaux envisagés. L’appartement avait été rénové mais comportait quelques signe du temps, mais comme partout dans les immeuble anciens, le quartier à plus de 200 ans. En comparaison le 63 et le 67 de la même rue paraissaient t en très mauvais état de l’extérieur et le 65 était dégradé et insalubre à l’intérieur.


Vous étiez de proches voisins des immeubles qui se sont effondrés. Quelle est votre situation, aujourd’hui ?

Nous n’avons plus de logement car, à la demande du préfet, les pompiers ont fait abattre les immeubles jouxtant les numéros 63 et 65 qui se sont effondrés, dont le 69, où nous habitions. Dès le lundi, on nous a dit que nous n’avions plus le droit d’y entrer. Il fallait en effet laisser travailler les pompiers ; la recherche des survivants étaient une priorité et c’est tout à fait compréhensible. En revanche, lorsque la mairie nous a indiqué, le mercredi soir, que notre immeuble allait être démoli, on nous a interdit d’aller chercher nos affaires. Heureusement que j’avais emporté mon porte-feuille, mes papiers et mon portable, le matin. Certains de nos voisins se sont retrouvés sans rien.


Vous facilite-t-on les démarches pour vous reloger ? Pour les réparations de votre préjudice ?

Nous sommes toujours logés chez des amis en attendant un logement de 28 m2 promis par la mairie. Nous avons réussi à obtenir l’arrêté de sinistre qui est obligatoire dans ce cas d’événement pour être engager les procédures. À ce propos, les démarches sont longues et très difficiles car les documents qu’on nous réclament de tous les cotés étaient dans notre appartement. Notre grande crainte, par ailleurs, est que l’on se retrouve obligé de rembourser par anticipation l’intégralité de notre emprunt pour un appartement qui n’existe plus ! On nous parle également d’évaluation par les Domaines et de dédommagement par les assurance, mais nous n’avons même plus les conditions particulières d’assurances définissant nos droits. On se sens seuls dans les démarches alors que nous risquons de perdre beaucoup. Mais nous restons mobilisés avec l’ensemble des sinistrés, soutenus par le syndicats des avocats et les associations qui militent pour la réhabilitation du quartier et contre l’insalubrité : Notamment « Noailles Ombres et Lumières », « Un centre-ville pour tous » et la « La Fondation Abbé Pierre ».


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