Glaucome. J.-C. Mercier s’inquiète de la rareté du Ganfort

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Jean-Claude Mercier veut comprendre les raisons de la pénurie du médicament qui lui permet de garder la vue. 
Jean-Claude Mercier veut comprendre les raisons de la pénurie du médicament qui lui permet de garder la vue.  (Photo V. L. M.)

Jean-Claude Mercier, demeure à Ploulec’h (22), à quelques encablures de Lannion. Après une carrière dans la téléphonie, puis des petits boulots, ce septuagénaire aimerait vivre aujourd’hui une retraite paisible dans son hameau de la route de Ploumilliau. Sauf que, souffrant de glaucome depuis plus de 20 ans, s’ajoute à la maladie, depuis quelques mois, la difficulté d’obtenir son traitement. « C’est très ancien chez moi, j’ai un glaucome dans les deux yeux, raconte le Trégorrois. C’est une sorte la tension de l’œil. On perd la vue, plus ou moins doucement, sans douleur, c’est très sournois ».


Et à chaque crise d’hypertension oculaire, comme cela lui est arrivé il y a moins d’un an, allant jusqu’à 37 (quand cela devrait être entre 12 et 15 au maximum) à son arrivée à la clinique spécialisée en ophtalmologie à Nantes, c’est en effet un peu de vision qui s’évanouit « et des dixièmes qui s’envolent ». Sans espoir d’en retrouver. Jamais. Autant dire que cet homme souhaite préserver au maximum ce qui lui reste.


Alors, depuis deux décennies que son nerf optique lui joue des vilains tours, jamais le patient n’a fait défaut à son traitement, en connaissant la notice d’utilisation du collyre par cœur et en maîtrisant l’indispensable massage des paupières qui doit accompagner le soin.

De manière biquotidienne, il applique inexorablement les gouttes de Ganfort unidose. Ou plutôt il appliquait. Car depuis quelques mois, dans sa pharmacie, comme c’est le cas de la plupart des officines, ces récipients unidoses ne semblent plus exister. Renouvelé tous les trois mois, son traitement est désormais remplacé par un flacon, valable 28 jours, pas un de plus. Sous le même nom, une différence malgré tout, puisque les monodoses ne contiennent pas, elles, de conservateurs. « Les effets ne sont pas les mêmes », regrette le patient.


Son inquiétude va crescendo. À quelques jours du renouvellement de son ordonnance, l’antiglaucomateur n’était plus disponible dans aucun format dans sa pharmacie. Le produit, en flacon, est finalement arrivé à temps, mais à l’épée de Damoclès qui pèse sur sa tête au quotidien, s’en ajoute une seconde, très lourde.

Grâce à sa loupe, Jean-Claude a réussi à lire que le laboratoire qui fournit le Ganfort est irlandais. Cherchant à savoir, il s’est interrogé sur un effet indésirable du Brexit, qui ne semble pas être avéré. Le Ploulec’hois, pour lui, comme pour les autres patients, aimerait comprendre la difficulté à obtenir un traitement indispensable et malheureusement irremplaçable, pour retrouver une sérénité légitime.


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