"Gilets jaunes" : portraits d'une France qui souffre

International Monde

par Nouvel Ordre Mondial 6 Vues comments

Pour mieux cerner les raisons de la colère de ces milliers de Français, Euronews est parti à leur rencontre. Des témoignages d'hommes et de femmes croisés dans la région de Villefranche-sur-Saône et de Lyon (Rhône).

Sandro Puits, 36 ans, au chômage

Après plusieurs années de conflit puis de procès avec son ancien employeur, Sandro Puits se retrouve à vivre avec un RSA à 550€ par mois. Son fils vit avec son ex-femme. Il ne peut pas subvenir à ses besoins. Le "gilet jaune" ne peut même pas payer ses assurances.

Pour lui, les plus riches concentrent les richesses. Sandro demande à l'exécutif de mieux les redistribuer. Sinon, il restera sur le rond-point de Feyzin autant que nécessaire, quitte à y passer les fêtes.

Laetitia Descombes, 27 ans, serveuse

Laetitia touche un SMIC tous les mois, mais aucune aide de l'Etat. Elle vit seule et doit payer son loyer sans APL. Entre ses factures et ses dettes, impossible pour elle de s'en sortir. Elle ne peut même pas faire ses courses : son frigo est vide.

Laetitia est mobilisée sur un rond-point de Villefranche-sur-Saône, elle s'y rend pendant ses pauses et son temps libre. Aujourd'hui, sa principale revendication est la revalorisation du SMIC.

Bernard Perraud, 59 ans, ancien peintre en **bâtiment**

Il a été déclaré invalide, après avoir eu plusieurs accidents du travail et une dépression. Ses revenus de 1800€ ont été divisés par deux. Sa femme, elle, ne touche qu'un maigre salaire.

Aujourd'hui, le couple a du mal à joindre les deux bouts. Sa famille ne pourra pas s'offrir de cadeaux de Noël.

Bernard et son épouse espèrent des lendemains meilleurs et disposer d'un meilleur pouvoir d'achat.

Evelyne Bass, 54 ans, ancienne gardienne d'immeuble

Evelyne a subi une intervention au dos, elle a ensuite eu un cancer du sein. Un médecin l'a déclarée invalide de catégorie 2. Concrètement, cela veut dire qu'elle ne peut travailler que 20 heures par semaine. Il lui est impossible de trouver un emploi dans ces conditions.

Aujourd'hui, ses revenus ne cessent de baisser. Tous les mois, elle est à découvert et doit piocher dans ses économies. Cela risque d'aller de mal en pis.

Elle est "gilet jaune" depuis maintenant deux semaines.

Grâce au mouvement, elle espère une hausse de ses pensions et du pouvoir d'achat. Elle ne désarme pas, elle compte rester mobilisée jusqu'à ce que des mesures significatives soient prises.


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