Françoise Dorin : une jolie plume trempée dans l'humour

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par Nouvel Ordre Mondial 18 Vues comments

Les pièces et les romans de Françoise Dorin ont connu un immense succès.
Les pièces et les romans de Françoise Dorin ont connu un immense succès.
Françoise Dorin est morte, hier, quelques jours avant son 90e anniversaire, à l'hôpital de Courbevoie (Hauts-de-Seine). Son compagnon, Jean Piat, 93 ans, l'a accompagnée jusqu'au bout. Romancière et auteure dramatique à succès, elle avait le chic pour toujours entrevoir le côté drôle de n'importe quelle situation. « On pense que je suis là pour faire sourire, pour faire des choses faciles. C'est vrai. Mais j'aimerais qu'on reconnaisse que la facilité n'est pas facile ! », assurait-elle au Monde, en 2002. Élevée dans les cabarets auprès de son père, le célèbre chansonnier René Dorin (1891-1969), elle était aussi une parolière douée. On lui devait « Que c'est triste Venise » (sur une musique de Charles Aznavour), « N'avoue jamais » (qui représenta la France au concours 1965 de l'Eurovision, chantée par Guy Mardel) et beaucoup d'autres titres interprétés par Juliette Gréco, Dalida, Claude François, Michel Legrand ou Céline Dion. Il y eut, dans les années 70 et 80, un véritable « phénomène Dorin ». Des pièces comme « La facture » (1968), « Un sale égoïste » (1970) ou « Le tournant » (1973) furent jouées un millier de fois chacune. En 1976, elle fit un malheur avec son roman « Va voir maman, papa travaille ». Pour la seule année 1981, sa pièce, « L'intoxe », faisait, chaque soir, salle comble à Paris et son livre, « Les lits à une place », a dépassé le million d'exemplaires. Au total, Françoise Dorin, blonde au sourire généreux et punch à toute épreuve, a écrit plus de 25 romans, empreints de légèreté et de bonne humeur, et une vingtaine de pièces, servies par de grands noms comme Jacqueline Maillan, Edwige Feuillère, Jeanne Moreau, Michèle Morgan, Jean-Claude Brialy, Jacques Dufilho ou Michel Serrault.

Dans ses livres ou son théâtre, elle savait à merveille créer des dialogues et des situations piquantes, vaudevillesques, sans toutefois renoncer à donner son point de vue sur la marche de la société et notamment sur les relations hommes-femmes. Elle s'opposait, entre autres, au « théâtre intello », à l'obsession du paraître ou à un certain féminisme. « Je n'aime pas la gauche caviar. Disons que je suis de la droite saucisson », s'amusait-elle à dire. Divorcée de l'acteur Jean Poiret, avec qui elle eut une fille, Françoise Dorin partageait, depuis 1975, la vie de l'acteur Jean Piat.

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