France. Travert met en garde les pêcheurs contre un Brexit « brutal »

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(Photo d’illustration/François Destoc/Le Télégramme)
(Photo d’illustration/François Destoc/Le Télégramme)
« Je souhaite insister sur le fait que la période de transition, synonyme de maintien transitoire, jusqu’au 31 décembre 2020, de l’acquis communautaire notamment en matière de politique des pêches, n’est pas encore acquise, loin s’en faut », a déclaré jeudi Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture, lors d’un discours aux assises de la pêche à Sète (Hérault).L’enjeu est crucial : les captures dans les eaux britanniques, susceptibles d’être remises en cause par le Brexit, représentent en moyenne 30 % du total des captures de la pêche française. Un chiffre qui peut grimper très vite, jusqu’à plus du double dans les régions les plus septentrionales.

« Si le 30 mars 2019, par malheur, le Royaume-Uni devait brutalement couper les ponts avec l’Union européenne, sans accord de retrait et donc sans période de transition, les conséquences seraient brutales et immédiates. Si le pire n’est jamais certain, il convient toutefois de s’y préparer, vous comme nous », a ajouté Stéphane Travert. Soulignant la prise en compte par le gouvernement et par l’Union européenne des intérêts de la pêche, il a toutefois averti que « les négociations sur la relation future seront très difficiles » : « Les pêcheurs britanniques sont vent debout, vous le savez, contre le principe du maintien de l’acquis communautaire pendant la période de transition ».Le 8 avril dernier, dans le nord de l’Angleterre et dans plusieurs ports du pays, des pêcheurs ont manifesté à bord de leurs bateaux contre la perspective de voir le Royaume-Uni continuer à appliquer la politique européenne en matière de pêche pendant la période de transition après le Brexit, ce qu’ils considèrent comme une « trahison ».

Stéphane Travert a toutefois tenu à réassurer les pêcheurs français sur le fait que la pêche serait négociée dans un paquet global, et non à part, entre l’UE et la Grande-Bretagne : « C’est un point clé de la négociation globale, la relation future ne devra pas s’apprécier de façon indépendante d’autres sujets sur lesquels l’Union est dans une posture plus offensive. »Il a également réaffirmé sa volonté de défendre une position de donnant-donnant : « l’accès au marché unique de l’Union est consubstantiel à l’accès aux eaux du Royaume-Uni pour les navires battant pavillon d’un État membre », a-t-il déclaré. En cas de sortie sèche des Britanniques en mars 2019, StéphaneTravert a exprimé sa « volonté de pouvoir trouver des accords pour permettre que nos filières et nos pêcheurs puissent continuer à travailler dans de bonnes conditions ».Selon un projet d’accord publié en mars par le gouvernement britannique, le Royaume-Uni pourrait continuer à appliquer la politique européenne en matière de pêche pendant la période de transition après la sortie de l’UE, à partir du 29 mars 2019. Cette concession a suscité un tollé chez les pêcheurs britanniques, qui ont dénoncé une « capitulation » du gouvernement.

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