En Italie, le triste bilan des effondrements de ponts

Europe

par Nouvel Ordre Mondial 34 Vues comments

Un pont autoroutier s’est effondré, mardi 14 août, à Gênes en Italie, faisant 30 morts selon un bilan provisoire. Chaque effondrement de pont en Italie relance la critique sur l’entretien du réseau autoroutier.

Un pont coupé en deux, l’image a fait le tour des réseaux sociaux. Une longue portion d’un viaduc de l’autoroute A10 s’est effondrée, mardi 14 août, dans la ville italienne de Gênes, à 200 km de Nice. Le bilan provisoire fait état de 30 morts, mais le ministre des transports a dit redouter « une immense tragédie ».

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De nombreux précédents

Sous le feu des critiques depuis des années, le pont Morandi, du nom de son ingénieur Riccadro Morandi, n’est pas la première structure à s’être effondrée en Italie. Depuis 2014, pas moins de huit ponts se sont ainsi écroulés. Le dernier en date, celui de Fossano, dans le Piémont, en avril 2017 n’avait fait aucune victime. Il était cependant intervenu un mois seulement après l’effondrement d’un autre pont, enjambant une autoroute près d’Ancone, situé au sud de Saint-Marin. Cette catastrophe avait fait deux morts. Fin 2016, le pont entre Palerme et Agrigente, en Sicile, s’était également écroulé, dix jours seulement après son inauguration.

Un réseau autoroutier vieillissant

Construit principalement dans les années 1960-1970, le réseau routier italien est vieillissant et régulièrement dénoncé comme tel par l’Anas. Au cours des dix dernières années, le gouvernement a diminué les budgets d’investissement dans les infrastructures, délaissant l’entretien des quelque 26 400 kilomètres du réseau routier italien. Le gouvernement italien a, en parallèle, accentué le développement du fret ferroviaire, comme avec le projet Lyon-Turin.

En Italie, le trafic de marchandises passe essentiellement par les routes, les ponts et les viaducs. L’usure des infrastructures est donc plus rapide et un entretien régulier nécessaire. En 2017, devant le nombre de ponts effondrés en Italie, le gouvernement avait finalement décidé de relancer les investissements dans les infrastructures routières. Selon un article publié dans les Echos, en avril 2017, les pouvoirs publics prévoyaient de consacrer 5,6 milliards d’euros sur cinq ans au réseau routier et autoroutier, soit environ 1 milliard d’euros par an. L’Anas préconise pourtant d’investir 2,5 milliards d’euros par an pour le maintien en bon état de ces réseaux.

Les catastrophes à travers le monde

L’Italie est loin d’être le seul pays concerné par ces catastrophes. En mars 2018, un pont piétonnier reliant l’Université internationale de Floride à une zone d’habitation étudiante, s’était effondré moins d’une semaine après la fin des travaux, tuant six personnes. Un pont autoroutier enjambant le Mississippi à Minneapolis s’était effondré, en août 2007. Des voitures avaient été écrasées sous des blocs de béton et d’autres ont basculé dans le fleuve. Le bilan officiel faisait état de sept morts.

Aucun pays ne semble à l’abri d’une telle catastrophe. En septembre 2006, un pont s’effondrait au Québec faisant cinq morts. En novembre 2005, une section de pont autoroutier en construction s’effondrait dans le sud de l’Espagne, tuant six personnes. En août 2007, en Chine, 64 personnes sont tuées et 22 blessées dans l’effondrement d’un pont dans la province du Hunan (centre). L’ouvrage, long de 328 mètres, venait d’être achevé. En mars 2001, un pont s’effondrait dans la capitale portugaise de Lisbonne et envoyait un autocar dans un fleuve, faisant 58 victimes. Chaque catastrophe a eu pour effet dans les pays concernés de relancer le débat sur la fragilité de ces immenses infrastructures.

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Justine Benoit

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