En Bretagne, on s'y prépare sereinement

Dernières news

par Nouvel Ordre Mondial 11 Vues comments

Le président de l'UBO, Matthieu Gallou, estime que la réforme « fait consensus » mais qu'elle va demander des moyens importants. (Photo archives Le Télégramme)
Le président de l'UBO, Matthieu Gallou, estime que la réforme « fait consensus » mais qu'elle va demander des moyens importants. (Photo archives Le Télégramme)
L'arrivée de Parcoursup ne consiste pas en un simple changement de site internet. C'est la première étape d'une vraie réforme, qui commence par celle de l'accès à l'enseignement supérieur. L'idée, c'est de donner une vraie place, dès le début du lycée, à l'orientation de l'élève, de l'accompagner dans un « projet personnel cohérent et motivé ». D'une part, pour éviter les écueils des filières surchargées, mais aussi pour permettre à l'enseignement supérieur, à la fac notamment, d'être réellement une formation professionnalisante. Voilà pour l'esprit. « Cette logique d'accompagnement, nous la prenons à bras-le-corps depuis plusieurs années », relève Isabelle Legrand, proviseure du lycée Lesage à Vannes, qui se félicite du très bon taux d'intégration dans l'enseignement supérieur de ses anciens lycéens. Ici, Parcoursup est accueilli « sans aucun problème » puisque la démarche était déjà entamée. Avec les autres lycées publics du bassin vannetais, ils ont même mutualisé les moyens : des sessions de visioconférence sont prévues pour que les élèves comprennent mieux les attendus des filières dans l'enseignement supérieur, la différence entre un DUT et un BTS, les débouchés professionnels...
« Ce que j'apprécie, c'est que cette réforme va, d'une certaine façon, revaloriser l'université », poursuit la proviseure. Elle a, du reste, bien volontiers mis en place un deuxième professeur principal, dont la mission plus spécifique est d'accompagner la réflexion des élèves en termes d'orientation. Du côté de l'UBS, à Vannes, où sont inscrits environ 10.000 étudiants, l'arrivée de Parcoursup est attendue avec « bienveillance ». « C'est une réforme qui va dans le bon sens puisqu'elle permet de resserrer les liens entre le secondaire et le supérieur, comme cela n'a jamais été fait auparavant, et parce qu'il prend en compte le projet personnel de l'étudiant », analyse Xavier Tripoteau, vice-président de l'UBS chargé de la formation. Autre nouveauté appréciée ici : la possibilité laissée aux universités d'admettre des candidats, à condition qu'ils acceptent de se remettre à niveau, de compléter quelques points de la formation, ou de pratiquer un semestre supplémentaire.

À Brest, le président de l'UBO, Matthieu Gallou, estime que la réforme « fait consensus » mais qu'elle va demander des moyens importants qui, pour l'heure, n'ont pas encore été alloués. « Le baby-boom des années 2000 n'a pas été anticipé et c'est à nous qu'on demande de l'absorber sans moyens significatifs », déplore-t-il à ce jour, alors que les effectifs des étudiants de l'UBO ont bondi de 35 % en quatre ans. « Nos équipes auront quelques semaines pour étudier des centaines de dossiers, c'est un travail humain important, et ça risque d'être compliqué à moyens constants. » Pour lui, Parcoursup « n'est pas une microréforme, on ne doit pas la rater, alors il ne nous faut pas y mettre de micromoyens ! » La Conférence des présidents d'universités va se réunir dans les prochains jours, en vue d'une communication dans ce sens.

Commentaires