Emmanuel Macron défend une « Europe qui protège »

Europe

par Nouvel Ordre Mondial 30 Vues comments

En s’adressant au Parlement européen, mardi 17 avril, le président de la République française a mis en garde en contre « les tentations autoritaires » en Europe.

De discours en discours, Emmanuel Macron lie son destin politique aux questions européennes. Ce nouveau plaidoyer, mardi 17 avril, pour « défendre fermement » une « souveraineté européenne réinventée » devant le Parlement de Strasbourg vient encore augmenter l’enjeu que représenteront les élections européennes de mai 2019 pour lui et son mouvement La République en Marche (LREM). Ce dernier a lancé le 7 avril une large opération de porte-à-porte baptisée « Grande marche pour l’Europe ». Le chef de l’État français a ainsi décliné le slogan déjà martelé par ses troupes et annoncé il y a plusieurs semaines par Christophe Castaner : « Bâtir une Europe qui protège ».

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Une Europe populaire

Devant des parlementaires européens qui ont refusé la plupart de ses premières idées pour « refonder » l’Europe – à commencer par sa proposition de listes transnationales –, Emmanuel Macron a fait le pari que l’idée européenne était toujours populaire, seulement corrompue par le jeu de certaines élites.

« Certains disent que les peuples ne veulent plus de l’Europe » a-t-il dit devant les parlementaires, en référence au Brexit, « d’autres qu’il ne faudrait pas hâter le pas pour ne pas brusquer » a-t-il ajouté, pointant le risque de « paralysie ». « Je crois que rien n’est plus faux. Ce n’est pas le peuple qui a abandonné l’idée européenne, c’est la trahison des clercs qui la menace. »

Mais le pari de rallier les peuples à l’idée d’une Europe plus souveraine et d’une augmentation de la contribution de la France à son budget est loin d’être gagné, tant la montée de formations eurosceptiques a été forte ces dernières années.

En France, c’est le Front national qui est arrivé en tête aux dernières élections européennes de 2014. Certes, LREM n’existait pas. Mais les débats promettent d’être âpres entre la majorité présidentielle et d’autres formations (Front national, France insoumise et une partie des Républicains…), défavorables à davantage d’intégration européenne.

« L’illusion mortifère » du nationalisme

Poursuivant sur sa lancée, Emmanuel Macron a désigné les ennemis de l’Europe, dénonçant devant les parlementaires « l’illusion mortifère du nationalisme et du pouvoir fort » ou encore la « tentation illibérale » qui impose aujourd’hui « de repenser la grammaire d’action qui est la nôtre ». Citant Alexis de Tocqueville, le chef de l’État a fait valoir sa « conviction » qu’abandonner l’attachement à la démocratie libérale (terme qu’il a revendiqué) serait « faire fausse route ».

Comme il l’avait déjà fait dimanche 15 avril lors de son interview sur BFM TV et Mediapart, il a réaffirmé que le modèle démocratique « n’était pas lié à l’impuissance ». « La réponse, ce n’est pas la démocratie autoritaire mais l’autorité de la démocratie » a-t-il déclaré sous les applaudissements des parlementaires.

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Des consultations citoyennes dans 26 pays de l’Union

« Nous ne pouvons pas faire comme si le moment était ordinaire. » Emmanuel Macron a jugé de « notre responsabilité » d’organiser « le vrai débat européen » avant les élections de mai 2019. Un débat lancé juste après son discours sous la forme des « consultations citoyennes sur l’avenir de l’Europe » qui se déroulent, à son initiative, dès ce mois-ci et jusqu’en octobre prochain dans 26 des 28 pays de l’Union européenne (seuls la Hongrie et le Royaume-Uni n’y participeront pas). 

« Je veux appartenir à une génération qui aura décidé de défendre fermement sa démocratie (..) Je ne céderai à aucune fascination pour les régimes autoritaires », a encore déclaré Emmanuel Macron. « Je ne veux pas faire partie d’une génération de somnambules », a-t-il ajouté, terminant par un nouvel éloge de la démocratie, « un mot qui a tout son sens parce qu’il est le fruit de batailles passées. »

DÉCRYPTAGE : Consultations européennes : parler d’Europe, oui mais pourquoi ?

Mikael Corre

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