Ehpad. Des sous-effectifs criants et des difficultés à recruter

Ehpad. Des sous-effectifs criants et des difficultés à recruter

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par Nouvel Ordre Mondial 21 Vues comments

Manifestation du personnel des Ehpad, le 30 janvier dernier à Paris.
Manifestation du personnel des Ehpad, le 30 janvier dernier à Paris.
Un Ehpad privé sur deux peine à recruter ? Pour les professionnels du secteur, la nouvelle ne tient pas de la surprise. En cause, les conditions de travail, fortement dénoncées ces derniers mois, notamment depuis les journées de grèves et d’action de la fin janvier. À l’occasion, Le Télégramme avait recueilli bon nombre de témoignages allant dans ce sens.

Pointée du doigt, déjà, l’inadéquation entre la formation reçue par les nouvelles recrues : « Mon école ne m’a pas préparé à tout ça : on m’a appris à maintenir l’autonomie des personnes âgées, comme mimer un brossage de dents afin qu’ils puissent y arriver seuls, mais on le fait à leur place ». De fait, certains jeunes tombent de haut en découvrant la réalité de leur quotidien : « la journée de travail de 12 heures avec 1 h 10 de pause maximum, un week-end sur deux travaillé » et les répercussions sur la vie de famille… Les week-ends sont des moments redoutés par les soignants : « Le dimanche, c’était tout simplement horrible, effectif au minimum, charge de travail énorme, et, de plus, être disponibles pour les familles en visite ».

À lire les témoignages reçus, les contraintes se multiplient à destination des personnels soignants, variables d’ajustement de plannings tendus, faute de personnels : « On nous demande de poser nos congés un an à l’avance, et, parfois, il faut de longues négociations pour obtenir un jour de récup ». Sans compter « les appels pendant les jours de repos pour remplacer, au pied levé, un collègue malade ».

« Nous devenons maltraitants malgré nous »

Les arrêts maladie, notamment pour accidents du travail, sont nombreux, sans remplacement. Une employée d’un Ehpad brestois note qu’« en 2016, 230 jours d’accident de travail ont été relevés, contre plus de 700, l’année suivante ». Aux difficultés physiques (les toilettes de personnes grabataires qu’il faut réaliser à la chaîne), la dépréciation du métier est aussi liée aux souffrances psychologiques au travail. « Nous devenons maltraitants malgré nous », résume l’un d’entre eux. D’où beaucoup de « démissions de jeunes contrats, qui ne peuvent pas suivre la cadence », « mais je les comprends, comment peut-on accepter de telles conditions de travail ? » interroge P., ASH (agent des services hospitaliers) dans une maison de retraite du Finistère. Comme un serpent qui se mord la queue.

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