Défense. Quatre questions sur le futur porte-avions

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par Nouvel Ordre Mondial 9 Vues comments

Le Charles-de-Gaulle ne sera plus opérationnel en 2040.
Le Charles-de-Gaulle ne sera plus opérationnel en 2040. (Photo archives Eugène Le Droff)

Pour quoi faire ?

« Le Charles-de-Gaulle aura besoin d’un successeur », a déclaré Florence Parly, mardi, au salon Euronaval du Bourget. La France appartient au club très fermé des pays disposant de porte-avions, ce qui lui garantit une autonomie stratégique sur les mers et la dote d’un outil de puissance militaire et diplomatique. Mais le Charles-de-Gaulle, qui a été engagé sur plusieurs théâtres d’opérations, de l’Afghanistan à la Libye en passant par les frappes contre le groupe État islamique, a vocation à terminer sa vie active autour de 2040.


Combien ça coûte ?

De 5 à 7 milliards d’euros selon les architectures, estiment les experts. La France, qui part seule, pour l’heure, pourrait le mener à bien en coopération, avec l’Allemagne, voire avec l’Inde, un partenaire stratégique de la France et qui a également un projet de porte-avions. Florence Parly a également annoncé la commande de pétroliers ravitailleurs de la marine nationale (Flotlog), en coopération avec l’Italie, dans le cadre du rapprochement entre Naval Group et l’italien Fincantieri.


Quelles sont les étapes ?

D’abord, la phase d’études, jusqu’en 2020. D’un montant de 40 millions d’euros, elle doit permettre d’établir l’architecture du futur porte-avions et de poser les bases de l’organisation industrielle nécessaire pour le bâtir dans les délais et les coûts. Un navire à propulsion conventionnelle pourrait être prêt trois ans avant un bâtiment à propulsion nucléaire, fait-on valoir à l’Hôtel de Brienne. Et donc, servir en même temps que le Charles-de-Gaulle, qui sera dans ses dernières années opérationnelles. Dans tous les cas, le nouveau bâtiment devrait rester en service jusqu’en 2080.


Un ou deux portes-avion ?

Le Charles-de-Gaulle subit, depuis début 2017, à Toulon, une vaste rénovation. Il devrait se rendre dans l’océan En attendant, l’absence de bâtiment opérationnel fragilise la position stratégique du chef de l’État sur l’échiquier géopolitique, ce qui a relancé le débat sur la nécessité de disposer de deux porte-avions opérationnels. Florence Parly a indiqué que cette question n’était pas tranchée, et lui a donné une dimension européenne. Le chef d’état-major de la Marine, l’amiral Christophe Prazuck, défend cette « ambition » de disposer de deux bâtiments, qui permettrait d’assurer une permanence à la mer. Comme jusqu’en 1997, avec le Foch et le Clémenceau.


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