Climat. Les jeunes vont-ils changer le monde ?

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par Nouvel Ordre Mondial 3 Vues comments

La jeune Suédoise Greta Thunberg est à l’origine d’un mouvement en passe de bousculer l’agenda politique mondial.
La jeune Suédoise Greta Thunberg est à l’origine d’un mouvement en passe de bousculer l’agenda politique mondial. (Photo Epa)

Lou, Théo, Lison, Bran, Anaël… Ces Bretonnes et ces Bretons ont répondu à l’appel de la jeune Suédoise Greta Thunberg et seront, ce vendredi, en grève scolaire pour le climat. Ils ne seront pas les seuls, loin de là, à dire à leurs aînés : « Nous, la jeunesse, sommes profondément préoccupés par notre avenir. La crise climatique est la plus grande menace de l’histoire de l’humanité et nous n’acceptons pas votre inaction qui menace toute notre civilisation ». Ces lignes sont extraites du manifeste rédigé par le groupe international de coordination du mouvement, qui devrait atteindre une ampleur inédite ce vendredi. Un millier d’événements sont annoncés dans une centaine de pays du monde, y compris dans des endroits du globe où il ne fait généralement pas bon de manifester, comme la Chine ou Cuba. Signe qu’une génération est, sans doute, en train de se lever.

Les « historiques » du combat climat sentent que quelque chose de fort se passe. « Je ne sais pas si nous vivons un moment décisif, mais c’est en tout cas un moment inédit. Nous n’avons jamais vu autant de mobilisation climat », note Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France. « À l’avenir, les gouvernements n’auront pas d’autre choix que de mieux prendre en compte la question climatique ».

« Que les jeunes prennent le taureau par les cornes est extrêmement positif », abonde le climatologue breton Jean Jouzel. « Ma génération est responsable d’une grande partie du réchauffement climatique, mais ce sont eux qui en seront les premières victimes si rien n’est fait. Je compte beaucoup sur eux ».

Mais les jeunes ont-ils réellement les moyens de faire bouger les lignes ? Oui, pense Jean Jouzel. « Ils ont, par exemple, un vrai pouvoir de décision dans la mobilité », explique-t-il. « Il y a aujourd’hui davantage de moyens de transport doux qu’il y a 50 ans. Il faut les utiliser. Et, là, les jeunes ont une partition à jouer ».


Jean-François Julliard pense aussi que les jeunes, même s’ils ne sont pas aux manettes, ont des leviers d’action. « Chacun fait des choix, dans son quotidien, qui peuvent avoir un impact. Beaucoup de jeunes se disent qu’ils ne vont pas faire comme leurs parents et prendre l’avion tout le temps pour aller aux quatre coins de la planète, ni manger de la viande trois fois par jour. Beaucoup refusent de passer le permis de conduire », note le directeur général de Greenpeace France.

« Après les scientifiques, ce sont les jeunes qui nous mettent en face de l’urgence », observe la présidente du WWF France, Isabelle Autissier. « L’appel est là. Sera-t-il suffisamment entendu ? Je ne peux pas le dire. La seule chose que je sais, c’est que si nous ne sommes pas tous prêts à nous jeter dans l’action, nous n’y arriverons pas ! ».

« Cette fois il faut que cela réussisse », avertit, de son côté, le militant écologiste britannique George Monbiot, dans le Guardian. « Pas seulement parce que cette grève de la jeunesse pour le climat, qui s’étend dans le monde à une vitesse incroyable, est notre meilleur (et peut-être dernier) espoir d’éviter la catastrophe. Mais aussi parce que l’impact pour ces jeunes, si leur mobilisation et leurs espoirs s’effondraient si tôt dans leur vie, pourrait être dévastateur ». Tirant le bilan de mobilisations passées ayant fini par s’étioler, il conseille aux jeunes de bâtir un récit positif et de se fixer une date pour parvenir à une économie zéro carbone. Un sacré défi.


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