Carburant. Rouler en voiture coûte-t-il plus cher qu’il y a 40 ans ?

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par Nouvel Ordre Mondial 2 Vues comments

Le poids du carburant compresse-t-il tant le porte-monnaie des automobilistes ? Le ressenti d’une kyrielle de Français va vers une réduction drastique de leur pouvoir d’achat. Certains ne manqueront pas de le crier lors des manifestations prévues le 17 novembre. Pour autant, la situation était-elle moins mauvaise dans les années 1970, juste après le premier choc pétrolier et l’envol du prix du carburant ? Pour le vérifier, nous nous sommes livrés à un petit calcul, afin de comparer la distance que l’on pouvait parcourir avec l’équivalent d’une heure de Smic en 1974, à celle possible en 2018. Ceci à bord d’une Coccinelle et d’une New Beetle essence, en tenant compte de l’écart de consommation. Le résultat est là : en 1974, on pouvait parcourir un peu plus de 36 km avec une heure de Smic tandis qu’aujourd’hui, il est possible d’en réaliser presque trois fois plus, environ 107 km (voir infographie). 

Ce type de calcul, des supporters LREM l’ont également fait et partagé sur Twitter : c’est le cas de Mathieu Hansmetzger, administrateur du groupe Facebook « Nous soutenons le président Emmanuel Macron », installé à Santec (29).

Si on se limite à ces deux chiffres, le constat est édifiant : les Français des seventies avaient bien plus de raisons de se plaindre que ceux d’aujourd’hui concernant le prix du carburant : le coût au kilomètre parcouru est bien plus faible aujourd’hui.


Mais ce serait oublier une valise d’autres facteurs qui ont changé en 40 ans pour peser sur le budget voiture des ménages. Ainsi, dans l’intervalle, le recours à l’automobile s’est considérablement accru avec « une croissance du nombre de kilomètres parcourus en voiture par ménage de l’ordre de 40 % en 30 ans », constatait Jean-Michel Cayla, dans sa thèse à l’École nationale supérieure des Mines. Les ménages sont plus nombreux à être équipés, le nombre de voitures par foyer a progressé.
Autre facteur, l’étalement urbain. Il a fait grossir les distances du domicile au travail, aux écoles, aux magasins, et gonfler le kilométrage annuel des véhicules.


Mais surtout, si les Français sont si grognons avec leur pouvoir d’achat en 2018, c’est que le montant des autres budgets du foyer a explosé dans le même temps : selon l’Insee, la part des dépenses contraintes dans le revenu (logement, assurances et services financiers, télécom et télévision, cantine scolaire), est passée de 12 % dans les années 1960 à près de 30 % en 2017. Pour le seul logement, « les dépenses n’ont quasiment jamais cessé de s’élever, de 10 à 23 %, du fait de la hausse des loyers mais aussi du prix de l’électricité, du gaz et de l’ensemble des autres charges liées à l’habitation », souligne l’institut de statistiques. La goutte de gazole est alors celle qui fait déborder le budget familial.


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