Budget 2019 : les gagnants et les perdants

Politique

par Nouvel Ordre Mondial 50 Vues comments

Les prestations familiales et les pensions de retraite n’évolueront plus en fonction de l’inflation. Un coup dur pour le pouvoir d’achat.
Les prestations familiales et les pensions de retraite n’évolueront plus en fonction de l’inflation. Un coup dur pour le pouvoir d’achat. (Photo François Destoc)
1. LES GAGNANTSSalariés qui font des heures sup’. L’objectif est de soutenir le pouvoir d’achat des salariés. Le Premier ministre a donc annoncé que « dès le 1er septembre 2019, les cotisations salariales sur les heures supplémentaires seront supprimées pour tous les salariés, dans le privé comme dans le public ». Selon lui, « cela représentera en moyenne plus de 200 euros supplémentaires par an » pour « une personne payée au Smic » et la mesure coûtera « deux milliards » d’euros. Les bénéficiaires du RSA. Le revenu de solidarité active bénéficie d’un traitement de faveur. Édouard Philippe a en effet souligné que « les prestations qui bénéficient à nos concitoyens les plus fragiles, comme le RSA, seront augmentées conformément à la loi ».Coup de pouce pour trois aides. Conformément aux promesses de campagne d’Emmanuel Macron, « la prime d’activité, le minimum vieillesse, l’allocation pour les adultes handicapés » vont augmenter, quant à eux, « très significativement ». Dans le détail : la prime d’activité (+ 20 euros dès novembre, puis 80 euros d’ici à la fin du quinquennat ; le minimum vieillesse (+ 35 euros en janvier et de même en janvier 2020) ; l’allocation adulte handicapé (+100 euros d’ici à 2022, dont 40 euros en novembre).Les policiers, gendarmes et fonctionnaires de justice. Si environ 4 500 postes vont être supprimés dans la fonction publique d’État en 2019 (lire par ailleurs), il y aura « des recrutements. Plus 2 000 agents supplémentaires dans la police, la gendarmerie et à la DGSI, 1 300 à la justice, parce qu’il s’agit de priorités. »2. LES PERDANTSLes retraités. L’heure de la diète a sonné. Si le gouvernement refuse de parler de coup de rabot, les arbitrages dévoilés par Édouard Philippe vont se traduire par un sérieux tour de vis, en particulier pour les retraités et les familles. Les pensions de retraites et les pensions d’invalidité n’évolueront plus en fonction du niveau de l’inflation, comme c’était le cas, tous les ans, en avril : seulement + 0,3 % par an en 2019 et en 2020, a révélé le Premier ministre. C’est nettement moins que l’inflation, attendue par l’Insee à 1,7 % en fin d’année.Les familles. Le pouvoir d’achat des ménages va prendre un coup. En 2019 et 2020, l’ensemble des prestations familiales (allocations familiales, allocation de rentrée scolaire, prime de naissance, complément de libre choix du mode de garde) progresseront de façon plus modérée (+0,3 %).Les bénéficiaires des APL. Cette autre prestation sociale, l’aide personnalisée au logement, est également touchée.Collectivités et associations employant des contrats aidés. Les contrats aidés, qui ont déjà nettement baissé depuis le début du quinquennat, vont voir leur financement diminuer. Le chef du gouvernement l’a confirmé dans son interview au Journal du Dimanche. Depuis son arrivée aux commandes, le gouvernement d’Édouard Philippe a déjà nettement réduit la voilure, avec seulement 200 000 nouveaux contrats aidés budgétés pour 2018, après 320 000 en 2017 et 459 000 en 2016.Fonctionnaires d’État. Le gouvernement prévoit la suppression d’environ 4 500 postes dans la fonction publique d’État en 2019, et le chiffre sera « supérieur à 10 000 en 2020 », a précisé Édouard Philippe. « Pour la fonction publique d’État, nous tiendrons l’objectif du président de la République de supprimer 50 000 postes à l’horizon 2022 », assure le Premier ministre. Emmanuel Macron a promis, au cours de sa campagne pour la présidentielle, 120 000 suppressions de postes dans la fonction publique, au total, au cours du quinquennat, dont 50 000 sur le périmètre de l’État. Dans le cadre du budget 2018, 1 600 suppressions de postes ont déjà été actées.« Notre méthode privilégie une transformation de l’action publique en profondeur et le développement du numérique, des économies à long terme et une amélioration du service public. La réduction du nombre de fonctionnaires n’est pas le fondement mais la conséquence d’une transformation de l’action publique qui monte en puissance au fil du temps », a fait valoir le Premier ministre. Quant aux postes qui seront supprimés, « nous avons annoncé des réorganisations au ministère des Finances, dans l’audiovisuel public, dans le réseau extérieur de l’État », a-t-il rappelé.

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