« Brexiters » durs et unionistes jouent leur va-tout

Europe

par Nouvel Ordre Mondial 19 Vues comments

Les menaces et accusations lancées par les opposants au plan de Brexit supposé de Theresa May dans le camp conservateur montrent leur pouvoir somme toute limité.

Plus l’hypothèse d’un accord entre le gouvernement britannique et l’Union Européenne sur le Brexit devient crédible, plus les différents protagonistes de la politique britannique élèvent la voix. Jeudi 11 octobre, dans la soirée, le quotidien britannique « The Financial Times » a expliqué que la Première Ministre Theresa May a accepté de garder momentanément le pays au sein de l’union douanière de l’UE afin de donner le temps aux deux parties de trouver un accord sur la frontière entre les deux Irlande.

Dans l’hypothèse où aucun accord ne serait trouvé, l’Irlande du Nord resterait dans l’union douanière, en échange de l’absence de contrôle physique à la frontière pour la plupart des biens voyageant entre l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne. Les affirmations de cet article n’ont pas été confirmées par le gouvernement, bien qu’elles ressemblent fortement aux révélations faites il y a deux semaines déjà par le quotidien The Times.

« Trahison » et menaces sur le vote du budget

Depuis cette annonce du Financial Times, nombreux sont ceux à exprimer leur opposition à une telle option. Les « Brexiters » les plus radicaux, tout d’abord. Le député Andrea Jenkyns l’a ainsi qualifiée d’« ultime trahison » du vote populaire en faveur du Brexit : le maintien dans l’union douanière interdirait le contrôle de l’immigration européenne.

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Ensuite et surtout, les partis unionistes nord-irlandais, favorables au rapprochement le plus poussé entre l’Irlande et le reste du Royaume-Uni.

L’un des députés du parti démocratique unioniste (DUP) a ainsi assuré jeudi que si les conservateurs « décident de se plier aux demandes déraisonnables et non-nécessaires de Bruxelles », son parti pourrait voter dans deux semaines contre le budget. Les conservateurs ne disposant pas de la majorité à la Chambre des communes, ils ont pourtant absolument besoin du soutien du DUP à cette occasion.

Une influence à la fois démesurée et limitée

Les interventions tonitruantes des Brexiters et des unionistes démontrent à la fois leur force et leur faiblesse. Certes, le parti unioniste et les Brexiters disposent d’une influence démesurée sur la politique gouvernementale par rapport à leur représentation véritable – dix députés pour le DUP, une quarantaine pour les Brexiters. Ils savent pourtant que cette influence s’avère limitée, aussi bien dans le temps qu’en termes de poids réel. Ils veulent donc influer tant qu’il est encore temps sur la définition du Brexit.

Une fois que Theresa May dévoilera son plan définitif, et qu’elle se sera entendue avec les dirigeants européens, il sera en effet sans doute trop tard. Appelés à voter, les députés unionistes et Brexiters radicaux se retrouveront alors dos au mur.

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Ils devront choisir entre rejeter le plan de Theresa May au risque de menacer le Brexit lui-même et de favoriser l’arrivée au pouvoir du parti travailliste après de nouvelles élections, ou endosser son plan, aussi imparfait soit-il à leurs yeux, pour assurer la sortie du pays de l’organisation européenne. Face à l’idéalisme, l’heure du pragmatisme aura alors sonné.

Tristan de Bourbon (à Londres)

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