Au Cameroun, les évêques proposent une médiation dans la crise anglophone

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par Nouvel Ordre Mondial 55 Vues comments

Mercredi 16 mai, les évêques camerounais ont publié un communiqué dans lequel ils proposent une médiation pour la résolution de la crise anglophone.

Depuis 2016, les régions anglophones du Cameroun sont empêtrées dans une crise sécessionniste qui a fait de nombreux morts.

Les évêques camerounais se sont, une nouvelle fois, prononcés sur la crise anglophone qui fragilise l’extrême ouest du Cameroun depuis 2016.

Dans un message publié mercredi 16 mai, l’épiscopat camerounais a estimé qu’une médiation s’impose pour épargner au Cameroun une « guerre civile inutile et sans fondement ». Il a également lancé un cri de détresse à tous les acteurs de la crise anglophone.

« Cessons toutes les formes de violences et arrêtons de nous entre-tuer ; nous sommes frères sœurs, reprenons le chemin du dialogue, de la justice, de la réconciliation et de la paix », a-t-il plaidé.

Les activistes de ces régions de l’extrême ouest du Cameroun reprochent au gouvernement de marginaliser leur zone. La crise s’est installée après des revendications d’avocats et enseignants anglophones. Ceux-ci se disaient marginalisés et dominés par le système législatif et éducatif francophone, qui prévaut partout ailleurs dans le pays. Ces protestations ont débouché sur des grèves puis dégénéré en affrontements meurtriers entre les forces de sécurité camerounaises et les partisans d’une sécession des régions anglophones.

Des affrontements quotidiens

Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, les affrontements sont désormais quotidiens entre les forces de sécurité camerounaises, déployées en force et des hommes armés se réclamant des « forces de restauration » d’un État anglophone, qui avait fait long feu entre les deux guerres mondiales, sous mandat britannique.

Selon le centre International Crisis Group (ICG), « au moins 120 » civils et « au moins 43 » membres des forces de sécurité ont été tués depuis fin 2016. Le bilan côté séparatistes est inconnu. Les violences ont, en outre, fait plus de 160 000 déplacés selon l’ONU. Selon l’agence nigériane de gestion des urgences (Sema), 34 000 personnes se sont réfugiées au Nigeria.

Une déclaration en avril

Au lendemain de leur Assemblée plénière en avril, les évêques camerounais s’étaient déjà prononcés sur la crise, appelant au dialogue. « Des individus brûlent des villages, détruisent des biens et tuent des citoyens », avait alors déploré Mgr Michael Miabesue Bibi, évêque auxiliaire de Bamenda, chef-lieu de la région du Nord-Ouest, interrogé par La Croix Africa. Cette prise de position des évêques avait irrité le pouvoir camerounais.

Quelques jours après la déclaration des évêques, le ministre de l’administration territoriale, issu de la zone anglophone, Paul Atanga Nji, un des principaux soutiens du président Paul Biya, avait critiqué, à la télévision nationale, ceux qui appellent au dialogue dans la crise anglophone. « Nous avons tous constaté qu’il y avait un agenda caché derrière les revendications qui ont été exprimées ; le voile a été levé, avait-il affirmé. Ce sont des terroristes qui veulent déstabiliser le Cameroun. Je l’ai fait comprendre aux évêques du Cameroun qui appellent à dialoguer avec ces terroristes. »

La Croix Africa

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