Aquarius : sur la "crise des réfugiés, la voix de la France est absente au sein de l'UE" estime Valérie Rabault

Politique

par Nouvel Ordre Mondial 6 Vues comments

Valérie Rabault, présidente du groupe Nouvelle Gauche à l'Assemblée nationale a estimé, mercredi 13 juin sur franceinfo que "le président de la République cède à l'inaction".

La France et l'Italie se déchirent autour du sort de l'Aquarius et des 629 migrants à bord en route vers l'Espagne. Emmanuel Macron a critiqué le cynisme de l'Italie qui a refusé de recevoir le bateau. Rome a convoqué l'ambassadeur de la France pour évoquer l'affaire, alors que le président de la République appelle à ne pas céder à l'émotion.

"Le président de la République cède à l'inaction" a rétorqué mercredi sur franceinfo, Valérie Rabault, présidente du groupe Nouvelle Gauche à l'Assemblée nationale. Sur "la crise des réfugiés, la voix de la France est un peu absente au sein de l'Union européenne" a-t-elle avancé. Tous les pays européens doivent leur part dans cette crise pour éviter qu'on "reporte toute la charge administrative" de l'accueil des réfugiés en Europe sur "les pays où ils arrivent à la frontière de l'Europe, comme l'Italie, la Grèce et la Pologne" a-t-elle ajouté.

franceinfo : Emmanuel Macron appelle à ne pas céder à l'émotion concernant la crise de l'Aquarius et ses conséquences avec Rome. Pour lui il ne faut pas céder au chantage de l'Italie. Êtes-vous d'accord avec cette analyse ?

Non. Le président de la République cède à l'inaction. Il est en train de regarder un bateau en mer Méditerranée avec 629 personnes à bord, des personnes âgées, des enfants, restés comme ça sur place. C'est inacceptable quand on s'appelle la France avec la tradition qu'on a. C'est doublement inacceptable car sur cette histoire de la crise des réfugiés, la voix de la France est un peu absente au sein de l'Union européenne ce qui est d'autant plus regrettable que le président de la République s'est présenté lors de la campagne comme étant un pro-européen qui voulait faire bouger l'Europe. Ça fait un an qu'il aurait fallu prendre une décision sur le cas des "Dublinés", la situation des réfugiés qui doivent obtenir des papiers dans le pays où ils arrivent. Les pays où ils arrivent sont à la frontière de l'Europe, comme l'Italie, la Grèce et la Pologne. On reporte ainsi sur ces pays, toute la charge administrative. Quand on s'appelle l'Europe et qu'il y a une crise des réfugiés comme celle que nous connaissons aujourd'hui, tous les pays doivent y participer la France en tête.

Donnez-vous raison à Matteo Salvini, qui dit que la France est hypocrite dans cette affaire ?

Je ne lui donne pas raison, puisqu'au PS bien avant qu'il soit élu nous demandions que le régime de Dublin soit modifié. On n'a pas attendu les Italiens pour le faire. Il est clairement acté aujourd'hui que tant que cette question ne sera pas résolue, vous aurez en France dans les centres d'accueil des réfugiés qui ne peuvent pas obtenir des papiers parce qu'il faut qu'ils retournent soit en Pologne où ils ont passé une seule journée, soit en Italie, soit en Grèce. Cette situation crée une forme de goulot d'étranglement dans des pays plus petits que le nôtre, et qui ont moins de moyens que nous.

Comment régler le problème au niveau européen, d'autant que l'Union européenne est divisée sur cette question ?

L'Europe doit être là pour résoudre des problèmes qui se posent à une échelle qui dépasse celle de la France, plutôt que de s'occuper de la taille des bouteilles d'huile d'olive. Sur cette question des réfugiés, cela fait trois ou quatre ans que l'Europe regarde les choses se faire sans avoir de réponse. Je pense que ce sera le débat lors des élections européennes qui arrivent. Dans six mois on enclenche sur une campagne où nous dirons clairement que si à 27 on n'arrive pas à avancer il faudra peut-être avec certains pays se mettre d'accord car chacun pédale de son côté et cela ne résout rien. Il faut éviter que ce soient trois pays qui traitent pour toute l'Europe les demandes de papiers qui existent de la part des réfugiés. C'est humainement impossible à faire.


Commentaires