Aquarius : "C'est sidérant d'entendre Benjamin Griveaux dire 'la France a pris sa part'"

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Jonathan Bouchet-Peterson, journaliste à Libération, sur franceinfo le 12 juin 2018. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Emmanuel Macron a été très critiqué, y compris dans les rangs de la majorité, pour son silence à propos de l'Aquarius, le bateau de l'ONG SOS Méditerranée avec 629 migrants à bord. Des voix se sont élevées pour déplorer que la France n'ait pas proposé d'accueillir elle-même le bateau chargé de migrants. Refusé dimanche par l'Italie et Malte, c'est finalement l'Espagne qui a accepté d'accueillir l'Aquarius. "L’Europe doit traiter de façon solidaire la question humanitaire. Compte tenu de la localisation du navire et de l’urgence, mon avis est qu’il serait naturel d’ouvrir un port corse pour porter secours à ces personnes en détresse" avait déclaré lundi soir sur son compte Twitter, Jean-Guy Talamoni, le président de l'Assemblée de Corse. Emmanuel Macron a fini par dénoncer mardi 12 juin 2018, le "cynisme" et "l'irresponsabilité" de l'Italie. De son côté, le gouvernement italien refuse de recevoir des "leçons hypocrites" de pays comme la France "ayant préféré détourner la tête" sur la question migratoire, a indiqué mardi la présidence du Conseil. Les invités des "Informés de franceinfo" sont notamment revenus sur cette actualité mardi 12 juin.

franceinfo : Pourquoi l'exécutif a-t-il mis autant de temps avant de réagir ? 

Jonathan Bouchet-Peterson : Visiblement le message qu'a fait passer Emmanuel Macron en Conseil des ministres, c'est que son premier réflexe humaniste, c'est évidemment d'accueillir mais en responsabilité, il fallait qu'il trouve un autre discours. Ce qui est sûr, c'est que le silence a été assourdissant. Ce n'est pas tellement l'enjeu mais c'est assez révélateur. Cela fait très longtemps qu'on se renvoie la balle, qu'on regarde ailleurs. Chacun n'assume pas, il y a eu ce débat sur les quotas à une époque. Quand on regarde les chiffres, Euractiv a publié des statistiques encore aujourd'hui pour éclairer le débat. C'est sidérant d'entendre Benjamin Griveaux dire 'la France a pris sa part'. La France a pris sa part moins qu'elle n'aurait dû le faire. C'est un constat qui paraît tellement évident. Cela peut s'assumer mais être dans la fake news à ce point-là, c'est un peu inquiétant. Après les Corses ont joué un bon coup pour pas cher. C'était 'venez faire escale dans notre port', ce n'était pas 'la Corse en tant que territoire est prête à accueillir. On sait qu'en Corse, la présence des migrants et l'accueil fait aux migrants n'est pas toujours un sujet facile. Après, ce qui est un peu embêtant, c'est qu'il y a un effet ping-pong. Il y a ce bateau au milieu, chacun prend la pose, a un élan d'humanité, fait de la politique. Même le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez à sa manière. Dans son geste, il y a aussi quelque chose de politique. Tant mieux que cela pousse à faire ça. Ce qui est un peu gênant, c'est qu'au milieu il y a 629 personnes, des femmes, des enfants bringuebalés et cela va se reproduire.

Dorian Malovic, chef du service Asie de « La Croix » et auteur de Le monde selon Kim Jong-un

Marion Mourgue journaliste politique au Figaro

Jonathan Bouchet-Petersen, journaliste à Libération

Xavier Alberti, chef d’entreprise, président de La Transition

Aziz Senni, chef d’entreprise, vice-président de la commission Dynamique entrepreneuriale du Medef


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