Airbnb. « Nous avons démocratisé le voyage »

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par Nouvel Ordre Mondial 10 Vues comments

(Photo DR)

Comment se porte AirBnB en France ?
Nous avons franchi la barre symbolique des 500 000 annonces il y a quelques mois. Et nous sommes désormais proches des 600 000. Tous les indicateurs sont au vert. La France est le deuxième marché mondial d’Airbnb, avec douze millions d’utilisateurs français et 400 000 hébergeurs. Et les chiffres sont très encourageants pour l’été.
Et en Bretagne ?
C’est une des régions où la croissance est la plus importante cette année. On a ainsi plus de 50 % de demandes en plus cette année par rapport à 2017. La Bretagne était moins présente sur la plateforme précédemment et elle rattrape son retard. En 2017, on proposait près de 25 000 annonces dans la région et on a accueilli 600 000 voyageurs. Trois villes sont plus particulièrement demandées : Rennes, Brest et Saint-Malo. Enfin, la Bretagne a une particularité : c’est une région « domestique », plus de 90 % des voyageurs qui viennent dans la région via Airbnb sont des Français.
Comment expliquez-vous un tel succès ?
Il y a tout d’abord un plébiscite des Français pour l’économie collaborative et on en profite très largement. Depuis cinq ans, on constate une explosion des réservations sur Airbnb. La France regroupe plusieurs facteurs qui nous sont très favorables : il y a tout d’abord une très forte demande touristique. La France est l’un des pays les plus visités au monde. Deuxièmement, il y a beaucoup de propriétaires et de résidences secondaires (près de trois millions). Les Français ont aussi plus de vacances que dans les pays anglo-saxons et sont très connectés. Sans oublier le pouvoir d’achat qui reste un vrai problème. On est pratiquement le seul pays au monde à avoir tous ces facteurs réunis. Ce qui fait de la France le deuxième marché mondial d’Airbnb.En dix ans, nous avons aussi démocratisé le voyage. Nous avons permis à des personnes d’aller dans des endroits auxquels elles n’avaient pas accès, en raison du prix ou du manque d’offres. Airbnb a aussi permis de créer des rencontres entre hébergeurs et vacanciers. 20 % des locations sont d’ailleurs des chambres chez l’habitant.
Airbnb collecte désormais la taxe de séjour. Comment ça va se passer ?
Pour 2017, on a versé 13,5 millions d’euros. Et cela concernait une cinquantaine de villes. Depuis le 1er juillet, on collecte la taxe de séjour dans 23 000 communes, dont 883 en Bretagne. On la versera une fois par an aux collectivités.
Ce n’est pas une façon de redorer votre image ?
On est globalement très bien accueilli partout en France. Il y a quelques grandes agglomérations qui nous ont interpellés, une qui nous a chahutés (NDLR : Paris). Nous avons pourtant le même objectif : faire venir le maximum de touristes afin qu’ils fassent vivre l’économie locale. Les régions touristiques nous encouragent. Elles ont besoin d’ouvrir les volets des résidences secondaires, comme dans le Golfe du Morbihan ou réchauffer les lits froids, comme à la Montagne. Il vaut mieux avoir des maisons occupées plutôt que des maisons vides, surtout en pleine saison. En Bretagne, aucune ville nous a demandé de limiter le nombre de nuitées.
Que répondez-vous aux hôteliers qui vous accusent de piller leur clientèle ?
On les entend moins sur ce sujet. Et pour cause, les chiffres de l’hôtellerie ont établi un record en 2017, avec des taux d’occupation élevés. Et ils seront probablement meilleurs en 2018. Ils se plaignaient principalement en 2016 après les attentats de Paris et de Nice. Il faut distinguer d’un côté les lobbys hôteliers qui vont nous critiquer et créer un peu d’émotion pour entretenir « leur rente ». Et de l’ôte côté, les hôteliers, qui ont bien compris qu’on pouvait travailler ensemble. Il y a désormais une complémentarité, notamment sur certains segments. Il est plus facile de loger une famille nombreuse dans une maison par Airbnb que dans un hôtel. C’est juste logique. D’ailleurs de plus en plus d’hôtels proposent leurs chambres sur Airbnb. On héberge un peu moins de 10 % de professionnels sur la plateforme en France.
Quels conseils prodiguez-vous pour éviter les arnaques ?
Le plus simple, c’est de rester sur la plateforme. En enregistrant les paiements, on garantit au voyageur et à l’hébergeur une vraie sécurité. On a ainsi une garantie hôte qui couvre l’hébergeur jusqu’à 800 000 euros de dégradations.
Vous venez de nouer un partenariat avec Century 21 pour développer et encadrer la sous-location à Paris. Ce dispositif sera-t-il élargi ?
On a déjà de bons retours. J’aimerais l’élargir à toute la France avec les 850 agences Century 21 dès la rentrée prochaine. La sous-location, qui va permettre à un locataire de faire du Airbnb en toute légalité, c’est l’enjeu de ces six prochains mois pour l’économie collaborative.
On vous reproche de ne pas payer assez d’impôts en France.
Il y a beaucoup de fantasmes autour de cette question. On paye tout ce que l’on doit payer en France depuis le départ. On verse des dizaines de millions d’euros de TVA, de charges sociales, de charges patronales tous les ans. On nous compare à d’énormes mastodontes du numérique qui sont dix, ving, cent fois plus grosses que nous. Airbnb a des millions d’utilisateurs mais sur une chambre à 100 euros, entre 95 et 97 euros vont dans la poche de l’hébergeur. Le gros de la richesse produite par la plateforme, elle reste dans la poche des Français.

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