Accueil des migrants, l’appel du pape a été entendu par les diocèses

Religions

par Nouvel Ordre Mondial 16 Vues comments

Dimanche 14 janvier, le pape François célèbre la messe avec des réfugiés pour la Journée mondiale des migrants. Plus de 3 000 migrants et réfugiés ont été hébergés par des communautés catholiques en France depuis l’appel du pape en 2015

Le 6 septembre 2015, le pape François invitait « chaque paroisse, chaque communauté religieuse, chaque monastère » d’Europe à accueillir une famille de réfugiés. Si toutes les paroisses de France sont encore loin d’être concernées, la quasi-totalité des diocèses sont désormais engagés dans cet accueil. « Il y a indéniablement eu un « effet pape François » : ses gestes prophétiques ont créé une nouvelle sensibilité dans les communautés catholiques », affirme le père Carlos Caetano, qui dirige le Service national de la pastorale des migrants (SNPM) de la Conférence des évêques de France.

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Le dernier bilan chiffré de l’action des diocèses remonte à septembre 2016 : 2 114 migrants avaient alors été hébergés chez des particuliers, dans des bâtiments paroissiaux ou des congrégations religieuses. Un an et demi plus tard, « on peut imaginer que ce chiffre a dépassé les 3 000 », avance le père Caetano. Au-delà de la seule question de l’hébergement, des milliers d’autres migrants (ils étaient 2 300 en 2016) ont été accompagnés par l’Église de France, à travers des cours de français, des aides administratives ou encore des propositions spirituelles.

Accueillir des migrants nécessite certaines compétences

Dans le diocèse de Besançon, environ 900 fidèles sont désormais mobilisés sur ces questions, selon l’évêque. À Lyon, deux tiers des 90 paroisses sont concernées. Sur les 473 migrants que le diocèse a reçus depuis 2015, 60 % sont régularisés. Ils viennent principalement des Balkans (42 %), mais aussi d’Irak et de Syrie (33 %), de Russie et d’Europe de l’est (15 %).

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Nombreuses sont les paroisses à travailler en collaboration avec des associations comme le Secours catholique ou encore le Service jésuite des réfugiés (JRS), présent dans 41 des 93 diocèses. Accueillir des migrants nécessite certaines compétences. « Nous sommes désormais reconnus comme des experts pour l’hébergement dans des familles », explique le père Antoine Paumard, directeur du JRS.

Pour ce qui concerne la religion des accueillis (chrétiens ou musulmans), aucun chiffre n’est disponible. « Nous avons demandé aux paroisses de ne pas tenir compte de ces distinctions religieuses, explique le père Caetano. Pour nous, le seul critère d’accueil est la vulnérabilité. »

Selon lui, avoir hébergé plus de 3 000 migrants depuis l’appel du pape constitue un bilan assez positif pour l’Église de France, même si cela reste modeste : « Nous avons les moyens d’être plus disponibles et généreux ».

Mélinée Le Priol

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