À Rome, une messe pour le cardinal Tauran

Religions

par Nouvel Ordre Mondial 5 Vues comments

Cinq mois après sa mort, de nombreux amis et collaborateurs du cardinal Jean-Louis Tauran se sont retrouvés, mercredi soir 5 décembre en l’église Saint-Louis des Français, pour une messe à son intention présidée par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État.

Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, a présidé, mercredi soir 5 décembre en l’église Saint-Louis-des-Français, à Rome, une messe à l’intention du cardinal Jean-Louis Tauran, cinq mois après le « départ pour le Ciel » du président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux et camerlingue de la Sainte Église romaine.

Mort du cardinal Tauran, diplomate des dialogues impossibles

De nombreux officiels et responsables de la Curie romaine avaient tenu à participer à cette messe, dont les cardinaux Gianfranco Ravasi, Giovanni Battista Re, Paul Poupard et Santos Abril y Castelló, ou encore Mgr Miguel Ángel Ayuso Guixot, secrétaire du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, ou Mgr Antoine Camilleri, sous-secrétaire pour les relations avec les États.

Dans une belle homélie nourrie de souvenirs personnels, le cardinal Parolin a salué « une personne qui s’est dépensée jusqu’à la fin de sa vie au service de Dieu et de l’Église », soulignant trois aspects de la vie du cardinal Tauran : « le prêtre, le diplomate et l’épreuve de la maladie ».

Après la mort du cardinal Tauran, hommage unanime pour « un homme d’exception »

« En rencontrant le cardinal Tauran, on percevait, tout de suite et avant tout, que l’on était face à un prêtre authentique », a témoigné l’actuel numéro 2 du Saint-Siège, qui fut notamment l’adjoint du cardinal français quand celui-ci dirigeait la diplomatie vaticane.

« Il aimait répéter à ses collaborateurs que le prêtre est prêtre 24 heures sur 24 » et « recommandait aux diplomates du Saint-Siège d’être avant tout des prêtres authentiques », soulignant « que le service diplomatique devait en être une manifestation », a-t-il rappelé.

« Finesse de l’humour français »

Évoquant « l’intelligence, la délicatesse dans le trait, la finesse de l’humour français et toutes (ses) autres qualités humaines et chrétiennes », le cardinal Parolin a souligné combien « c’est précisément le lien étroit entre l’authenticité du prêtre et l’habileté du diplomate qui frappait positivement » ses interlocuteurs.

« Il avait la capacité d’établir des relations qui, loin d’être superficielles, étaient fondées sur l’attention délicate à la personne qui se trouvait face à lui », a-t-il insisté, saluant l’exemple de son voyage en Arabie saoudite, quelques semaines avant sa mort.

En Arabie saoudite, le discours clair du cardinal Tauran

Revenant enfin sur la maladie de Parkinson dont il souffrait, le cardinal Parolin a assuré que, si celle-ci « a marqué profondément une grande partie de son existence », il l’a accueillie « avec sérénité » et « s’est abandonné totalement à la volonté de Dieu ».

« Le cardinal Tauran n’a jamais fait un mystère de sa maladie, et il ne s’est pas non plus laissé conditionner par la réalité de ce mal subi », a-t-il insisté, expliquant que, s’il était « bien conscient de la détérioration de son état de santé physique », « il était aussi habité par cette conviction de foi qu’à la fin de chaque existence, il y a la vie éternelle ».

Le pape a salué « le grand serviteur de l’Église en dialogue »

« Le meilleur moyen pour se souvenir des personnes qui nous sont chères et qui sont passées de ce monde à Dieu, c’est de chercher à imiter les exemples et les témoignages de vie qu’elles nous ont laissés », a conclu le cardinal Parolin.

Au début de la messe, dans un message adressé par le substitut de la Secrétairerie d’État, Mgr Edgar Peña Parra, et lu par le chargé d’affaires de l’ambassade de France, Yves Teyssier d’Orfeuil, le pape François, qui avait de façon inhabituelle assisté à l’ensemble des obsèques, début juillet, a salué « le grand serviteur de l’Église en dialogue et dans la fidélité à l’Évangile » qu’aura été le cardinal Jean-Louis Tauran.

Nicolas Senèze, à Rome

Et aussi


Commentaires